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16.09.2010

Thomas Eyoum ´a Ntoh: La longue agonie d´un chevalier de la plume 

Splendeurs et misères de la profession de journaliste...

La presse camerounaise est de nouveau en deuil. Elle vient de perdre l´une des ses meilleures plumes combattantes, Thomas Patrick Eyoum´a Ntoh, qui a signé les plus belles chroniques du « Messager », au temps de la splendeur du journal de Pius Njawe. On dirait que les deux se sont passé le mot pour qu´ils en soient à tirer leur révérence à moins d´un mois d´intervalle. Dans les colonnes du Messager, Thomas signait ces chroniques incisives, hautes en couleurs d´impertinence, souvent au vitriol dans un style qui lui était particulier, tendance « Canard Enchainé » avec un zest de San Antonio. Il y avait gagné en réputation, quelques ennemis au passage, beaucoup d´amis aussi qui ne rueront pas à son chevet lorsque Thomas fait un accident vasculaire-cérébral, un deuxième, qui le clouera définitivement dans son lit. Hémiplégie ou paraplégie ? Le diagnostic était incertain. Mais les amis qui ont pris la peine d´une visite au malade se doutaient qu´il ne s´en remettrait pas, sauf miracle, en dépit des mille séances de kinésithérapie qui coûtaient une fortune. Au fond, le cerveau de Thomas avait refusé de continuer à coopérer. Des mois avant sa dernière attaque, il Y a eu ces signaux qui ne trompaient pas. On le revoyait, assis devant un ordinateur, mettant la dernière main à une des dernières chroniques dont il avait eu l´inspiration pour le compte du journal Aurore Plus. Il s´arrêtait de travailler et se plaignait qu´il ne voyait plus distinctement. C´était le début de la fin de l´homme. Il restera grabataire trois longues années, crevant en silence, dans une indifférence généralisée. Quelques âmes généreuses ont mobilisé quelques moyens pour sauver le soldat, hélas pas assez pour le tirer de là. Il avait besoin d´une évacuation sanitaire en Europe, trop coûteuse définitivement pour décider les uns et les autres. Ainsi mourra Thomas Eyoum’a Ntoh, et sa fin dans l´indignité, lamentablement, devrait permettre de reposer la question d´une sécurité sociale pour les journalistes de la presse privée et, plus globalement, celle d´une convention collective qui assurerait un minimum à la profession en cas de coup dur.

Le plus beau métier du monde est au Cameroun le métier le plus ingrat. Thomas Eyoum´a Ntoh aura été de toutes les batailles politiques des années chaudes au virage de la décennie. Il devra quitter Le Messager pour tenter une autre aventure avec Dikalo, avec des compagnons, Emanuel Noubissié Ngankam, Jean-Baptiste Sipa et une équipe de jeunes plumes. Le positionnement éditorial du journal qui se veut modéré avec son mot d´ordre «tranquillement pour le changement» va perdre le journal. La classe politique est alors profondément divisée en deux, entre les réactionnaires pro-Rdpc, et les révolutionnaires qui ne font pas mystère de leurs sympathies pour une opposition en mal d´inspiration mais convaincue qu´elle tient les cartes de l´alternance à Etoudi. Dans une telle configuration sociopolitique, il n´y a malheureusement personne au centre et Dikalo est très vite perçue comme un projet de traître à la cause universelle de l´émancipation camerounaise. On ne sait toujours pas si le conflit épistémologique qui avait opposé Eyoum´a Ntoh et Pius Njawe a trouvé solution, mais le premier reviendra au Messager lorsque le projet éditorial Dikalo a foiré et que le titre a été vendu à Bayero Fadil qui tenait à doter le Nord Cameroun d´un organe de presse qu´il contrôlerait pour tenir la dragée haute au village organisateur, notamment avec l´affaire de la privatisation de la Sodecoton.

Dikalo a survécu à son fondateur, avec une ligne éditoriale en laquelle Thomas ne se serait jamais reconnu. Il se retrouve aussi à La Nouvelle Expression avec Séverin Tchounkeu, mais il est sur le déclin, il est à l´étroit dans la maison, il est littéralement poussé à la démission. Il faudra à l´évidence constater que le journaliste s´était un peu usé et avait perdu de sa pétulance et de sa percussion. L´usure du temps. Ailleurs aussi, on pense qu´il avait tellement fait la nique à tout le monde que les clients en étaient venus à manquer.


Une profession, deux poids deux mesures

En un mois d´intervalle, le scénario annoncé pourrait être choquant, pour les journalistes surtout qui gagneront à organiser des obsèques dignes en hommage à ce pionnier de la presse qui a inspiré pas mal de vocation parmi les jeunes journalistes. A moins de se résoudre à consacrer à la face du monde qu´il y a des journalistes de première zone, et les autres dont la mort ne fait bouger personne. Les apports de Thomas Patrick Eyoum´a Ntoh au rayonnement de la presse privée au Cameroun et spécifiquement pour le Messager lui méritent un hommage à la mesure de son talent et de son courage.

DOUALA - 07 SEPT. 2010
© FRANÇOIS LASIER | Aurore Plus

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CAMEROUN, NECROLOGIE: DECES DE THOMAS EYOUM A NTOH
© Camer.be : Yolande Tankeu

Le Journaliste s´est éteint hier à l´hôpital Cebec de Bonabéri à Douala. Il avait travaillé avec Pius Njawé au Messager avant de devenir le directeur de publication de Dikalo. Il a succombé à une maladie dont il souffrait depuis trois ans. Mais, Hier matin, il a subitement chuté. Son épouse a décidé de le transporter d’urgence à l’hôpital Laquintinie. Mais, au niveau de Bonabéri, son état était tel qu’elle a voulu d’abord le faire remonter à l’hôpital protestant, avant de continuer. Malgré le dévouement des médecins qui l’ont immédiatement pris en charge, il a rendu son dernier soupir, vers 8h du matin.
Selon des informations recueillies auprès de sa famille par Camer.be ce jour, c’est depuis 5 ans que « Thom » a connu sa première crise d’accident cérébro-vasculaire (Avc). Il s’en est passablement remis, mais il n’a plus repris ses activités comme à l’accoutumée. Puis, il s’en est suivi plusieurs autres crises, qui l’ont pratiquement cloué sur le lit.

Né le 29 juin 1958 à Douala, Thomas Patrick Eyoum’a Ntoh est le camarade de seconde et première de David Ndachi Tagne (de regrettée mémoire). C’est cependant en France qu’il obtient son baccalauréat.
Après avoir obtenu un diplôme d’études générales (Deug), il entre à l’école de journalisme à Lille et en sort titulaire d’un diplôme en journalisme. Débute alors une carrière qui le ramène au Cameroun en 1986. Au journal Le Messager notamment où il anime une chronique restée célèbre intitulée "De quoi je m’êle". Dans un style qui lui est propre, Eyoum aborde différentes questions de l’actualité politique, économique, sociale et culturelle du pays. En 1992, avec quelques amis dont Jean-Baptiste Noubissi Ngankam, il lance Dikalo. L’expérience tourne court et le revoici au Messager qu’il quitte en 2003. Entre temps, il propose ses chroniques à Mutations avant de devenir éditorialiste de La Nouvelle Expression. Exigeant comme il le reconnaît lui-même, Thomas Eyoum’a Ntoh quitte cette publication en 2005 pour mettre sur le marché "Respublica", un hebdomadaire d’informations générales pour lequel il effectue quelques reportages à l’étranger au cours de l’année 2006. Très au courant et accroché à l’actualité, c’est un Eyoum’a Ntoh assoiffé de nouvelles fraîches (bien que mal en point), qui écrit la plus longue de ses chroniques depuis pratiquement un an. L’un de ses plus importants combats aussi.

A environ 55 ans révolus, il quitte ce monde, deux mois après le décès de son ancien patron des années 1990 au journal Le Messager, Pius Njawé, conduit à sa dernière demeure le 7 août 2010.

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La presse encore en deuil, Eyoum’a Ntoh s’en est allé

Ai-Cameroun – La famille camerounaise de la presse vient encore de perdre une grande plume. Thomas Patrick Eyoum’a Ntoh est décédé à Douala, la capitale économique, le 6 septembre 2010 des suites d’une longue maladie. Une triste nouvelle qui n’a pas manqué de susciter la réaction de Michèle Ebonguè, journaliste et par ailleurs déléguée régionale de la communication pour le Littoral.

"Eyoum a servi dans des médias que nous connaissons tous"

En l’espace de deux mois, la presse Camerounaise vient de perdre deux de ses valeureux mousquetaires, que représente pour vous cette double perte ?
C’est toujours des moments interpellatifs même du point de vue de l’avis d’abord. Parce que Eyoum’a Ntoh était un grand, un génie de la plume qui a encadré beaucoup d’entre nous. Pour ceux qui sont reconnaissants, savent très bien que s’ils savent manipuler la technique journalistique, s’ils savent écrire, ce dernier y était pour beaucoup. Maintenant, c’est un monsieur qui a œuvré pour les canards de référence, notamment, Le Messager, La Nouvelle Expression, je ne parle même pas de Dikalo qu’il a porté pendant des années et qui a malheureusement souffert pendant un peu plus de quatre années de maladie. Je retiens de lui à titre personnel un souvenir de quelqu’un d’extrêmement généreux en terme de technique de travail. Si nous avions pris l’habitude de nous mobiliser autour de nos confrères, il est aussi important et très important de se mobiliser pour lui.
Parlant justement de cette mobilisation, l’on observe une quelconque timidité des rédactions dans le traitement de cette information. Comment comprendre cela ?

Eyoum´a Ntoh, ruiné par la maladie

Eyoum n’est mort que lundi. Je pense que la plupart ne l’ont pas su. J’ai vu des articles dans quelques journaux. Mais j’espère bien que certains lui conféreraient sûrement une ‘Une’ parce qu’il le mérite. Eyoum a servi dans des médias que nous connaissons tous. Je ne me satisferais certainement pas de quelques filets. C’est quelqu’un qui a eu une histoire dans la presse, il y a passé presque toute sa vie.
Un à un les ‘anciens’ sont en train de partir. Ne faut-il pas craindre un manque de relève ?
Je ne vois pas la chose de cette manière là. Il y a un temps pour tout. Je ne pense que l’heure d’Eyoum était arrivée. Il s’en va maintenant, qu’est-ce qu’on retient de lui ? C’est pour moi, ce qui serait important et utile à sauvegarder et à ventiler au maximum.

En attendant ses obsèques, dont la date n’est pas encore fixée, l’on espère que les journalistes se mobiliseront autant que lors de la disparition de Pius Njawé en Juillet dernier.

Alphonse Jènè, Ai Douala

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Thomas Patrick Eyoum´a Ntoh : Guerre des mots et histoire d´hommes !

© feu Thomas Eyoum´a Ntoh | Le Messager

Ce texte de feu Thomas Patrick Eyoum´a Ntoh a été publié le 21 mars 2001 dans sa chronique "De quoi j´mêle". Nous la reprenons ici pour son actualité et à titre d´hommage. 

Depuis des années, majorité et opposition camerounaises, couteaux entre les dents et bazookas dans les mains, se battent. Entre autres ils ne font que ça, il ne savent faire que ça, et sur tout et n’importe quoi – sur une commission électorale nationale indépendante (Ceni) dont la vertu, selon l’opposition, est d’être la structure absolument garante d’élections transparentes, justes et équitables. Et de citer les pays où cette structure a été mise en place : le Ghana, le Burkina faso, le Tchad et le Togo ! En lieu et place, la majorité, après avoir longtemps rebattu les oreilles des Camerounais sur les vertus du ministère de l’Administration territoriale, s’est, enfin, résolu à créer l’Onel (Organisation nationale des élections). Comme au Sénégal. Pourtant, la guerre continue : l’opposition veut toujours aussi sec « sa » Ceni, et rien d’autres. En dépit du fait que ni le Burkina, ni le Togo, ni le Tchad ne sont pas à proprement parler des exemples de transparence et d’équité électorales ! Quant à la majorité, c’est l’Onel ou rien ! 


En vérité, cette bagarre-là, encore moins que toutes celles qui ont opposé majorité et opposition depuis dix ans, j’ai beaucoup du mal à en comprendre la signification. Et je la comprends d’autant moins aujourd’hui que la jusque-là très vertueuse Cena béninoise a maille à partir avec les candidats de l’opposition béninoise à la présidentielle, elle qui, depuis 1991, croulait sous les satisfecis des candidats et des observateurs ! 

Que s’est-il donc passé pour que la tant enviée Cena sans laquelle, prétendait-on, le processus démocratique béninois n’aurait pas été le bon exemple que l’on sait, en soit aujourd’hui, à être vouée aux gémonies ? Ses missions, son mode de composition, ses pouvoirs et encore moins le cadre juridique qui l’organise, n’ont pourtant pas été modifiés ! De fait, ce qui se passe au Bénin aujourd’hui, comme ce qui s’y est passé ou s’est passé dans d’autres pays africains hier, est sujet à réflexion. De ce point de vue, les « errements, réels ou supposés, de la Cena béninoise, en tout cas le soupçon qui pèse sur elle aujourd’hui n’ont rien à voir avec son nom, le mode de désignation de ses membres, ses missions et ses pouvoirs. Dès lors, la bataille à laquelle se livrent majorité et opposition camerounaises n’en apparaît que plus imbécile encore. 

Suffit-il qu’une structure de contrôle des élections s’appelle Ceni pour qu’elle soit la meilleure garante d’élections transparentes, justes et équitables ? Si oui, il faudra bien que quelqu’un , un jour, se décide à expliquer aux Camerounais les raisons pour lesquelles les Ceni togolaise et tchadienne sont autant dénoncées, et à juste titre, à notre sens, comme ne participant pas à la transparence et à l’équité des consultations électorales dans ces deux pays ! 

Suffit-il qu’une structure de contrôle des élections s’appelle Onel pour qu’elle soit définitivement tenue pour congénitalement frappée d’incapacité à organiser des élections transparentes, justes et équitables ? S’il en est ainsi, les Camerounais ont le droit de savoir par quel fait extraordinaire l’Onel sénégalaise, qui, il y a un an, a assuré avec le succès que l’on sait le contrôle du scrutin présidentiel au Sénégal, a dérogé à cette loi « immuable » ! Comme il doit leur être expliqué pourquoi en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis, au Canada, etc. Les élections ont toujours été – à de très, très, très rares exceptions, d’ailleurs très, très, très localisées et toujours durement sanctionnées par la justice – transparentes, justes et équitables, alors même qu’elles sont organisées et contrôlées par le gouvernement et par personne d’autre ! 

Il est d’autant plus urgent de le leur expliquer que désormais, diffusion par câble oblige, chacun d’eux aura, au moins une fois, vu un ministre de l’Intérieur de l’un de ces pays, souvent candidat lui-même (législatives), venir en annoncer les résultats. Comme chacun d’eux sait parfaitement que le fait d’être membre d’un gouvernement de ces pays organisant des élections n’empêchera pas une défaite électorale ! Autre fait : l’élection présidentielle qui a porté Mandela au pouvoir, en 1994, a été organisé et contrôlée par un gouvernement dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’était pas aux ordres de l’Anc ! 

Autant le dire : toute structure, quelle qu’elle soit, vaut surtout par la qualité des hommes qui l’animent. C’est à ce titre que la démocratie américaine, qui repose sur un socle juridique aux yeux de beaucoup désuet parce que datant de plus de deux cents ans, a réussi à se sortir du guêpier de la contestation électorale de Floride, il y a quelques mois, et sans pratiquement coup férir. C’est à ce titre que la Cena béninoise, en 1991 et 1996, a assuré l’organisation et le contrôle de deux élections présidentielles qui se sont soldées par la débâcle du président en place (Kérékou en 1991, Soglo en 1996). C’est à ce titre que l’ONEL sénégalaise a assuré le contrôle de la présidentielle 2000 dans ce pays sans que le vaincu, pourtant président en exercice, ait trouvé à redire ! 

Ceni, Onel, Cena ou ministère de l’Administration territoriale, qu’on ne s’y trompe pas, et surtout qu’on ne tente de tromper personne, les scrutins électoraux au Cameroun ne seront pas transparentes, justes qet équitables au Cameroun aussi longtemps que la démocratie dans ce pays ne sera pas fondée sur des démocrates ! 

Y en a-t-il un dans l’avion ? 

Si vous l’apercevez, faites-le moi savoir. En attendant, force est de constater que le déficit démocratique est si énorme au Cameroun que lorsque Paul Biya et Fru Ndi se « parlent » autrement que par la diatribe, les journaux en font des tonnes, cependant que des militants de l’opposition et de la majorité se demandent, perfidement, si les « civilités » entre le président de la République et le leader de l’opposition ne cachent pas en réalité quelques milliards que le premier aurait envoyés au second pour le « rallier » à sa cause ! 

Paul Biya et John Fru Ndi traînent suffisament de casseroles anti-démocratiques (le premier physique, le second du fait qu’il est aux affaires) pour qu’ils soient d’office absouts de l’ « anti-démocratisme ». Pour autant, ils ne sont pas moins « démocrates » que ces Camerounais des deux camps et de toutes les tribus dont les enfants, les épouses, les frères, les sœurs, les cousins, les oncles et les tantes, surtout si leur quotidien est peu ou prou dépendant de leur vouloir, n’ont pas le droit d’exprimer, sous leur toit, des positions politiques opposées aux leurs ! Ils ne le sont pas moins que ces journalistes dont les confrères ayant un engagement politique ou idéologique opposé au leur sont tout simplement des « hérétiques », des « vendus » ou, pire encore, des « traîtres » ! 

Les uns et les autres, qui protestent à longueur de journées de leur « démocratité » feraient mieux de méditer l’exemple de Louis Joxe et de son fils, Pierre Joxe. Lors de l’élection présidentielle française de 1965 qui opposait Charles de Gaulle et François Mitterand, le père Joxe battait campagne pour De Gaulle dont il était ministre quand le fils Joxe collait les affiches et participait à la rédaction des discours de François Mitterrand dont il était l’un des « Sabras » ! Les repas en famille en étaient phagocytés par les arguments et contre-arguments des deux « adversaires » politiques, mais ils n’ont jamais cessé d’être père et fils ! D’ailleurs, l’épouse du premier, par ailleurs mère du second, lasse de ces joutes oratoires qui reléguaient ses bons petits plats dans un coin de table, a fini par interdire que l’on parle politique chez elle ! C’est cela, la démocratie ! C’est-à-dire une affaire de démocrates donc d’hommes et pas du tout une affaire de mots ! 

Ceni, Cena, Onel ou n’importe quoi, si les Camerounais ne sont pas des démocrates, dans un an, dans trois ans ou dans dix ans, il y aura toujours un candidat malheureux qui criera : « On a volé ma victoire » ! 
Ceni, Cena, Onel ou n’importe quoi, la démocratie, avec des « démocrates » comme nous, ce n’est pas demain la veille que le Cameroun la vivra !… Et la démocratie, ce n’est pas pas seulement la capacité quelques élites et élus à se soumettre au verdict des urnes, c’est aussi celle de la moitié moins un du peuple à accepter que la moitié plus un gouverne. Evidemment par le biais de ses élus.  

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Obsèques : Thomas Eyoum repose au cimetière de Deïdo

Le journaliste a été conduit à sa dernière demeure samedi dernier. 

Autour de 17 heures, la terre s’est retournée définitivement sur un illustre fils du canton Deïdo à Douala, un célèbre journaliste camerounais. Ils sont venus de tous les horizons, pour rendre hommage à ce grand homme, au sens propre comme au figuré. Après la levée du corps qui s’est déroulée la veille, vendredi 24 septembre, à la morgue de l’hôpital militaire, l’ancien directeur de publication de Dikalo et collaborateur de plusieurs titres de la presse tant au Cameroun qu’à l’étranger a été exposé au mausolée King Deido. C’est là que, quelques instants avant l’enterrement, amis, confrères et proches du défunt lui ont témoigné leur reconnaissance. Et malgré la distance et à travers la magie des nouvelles technologies, des confrères camerounais résidant dans d’autres pays, par la voix de Cyrille Ekwala, depuis le Canada, ont tenu à témoigner à Patrick Eyoum A Ntoh leur témoignage. 
Félix Zogo conseiller technique N°1 au ministère de la Communication, accompagné ce samedi dernier, 25 septembre, de la délégué régionale pour le Littoral, Michèle Ebongue, a apporté le soutien de la tutelle technique. 

En parcourant à pieds, à partir du mausolée jusqu’au cimetière de Deido, dans une longue procession, de centaines de personnes ont ainsi salué l’œuvre de celui qui voulait tuer les «maux par des mots». Né le 29 juin 1958 à Douala, Thomas Patrick Eyoum’a Ntoh est décédé le 6 septembre dernier. Après avoir obtenu un diplôme d’études générales (Deug), il entre à l’école de journalisme à Lille et en sort titulaire d’un diplôme en journalisme. Débute alors une carrière qui le ramène au Cameroun en 1986. Au journal Le Messager notamment où il anime une chronique restée célèbre intitulée "De quoi je m’êle". Dans un style qui lui est propre, Eyoum aborde différentes questions de l’actualité politique, économique, sociale et culturelle du pays. 
En 1992, avec quelques amis dont Jean-Baptiste Noubissi Ngankam, il lance Dikalo. L’expérience tourne court et le revoici au Messager qu’il quitte en 2003. Entre temps, il propose ses chroniques à Mutations avant de devenir éditorialiste de La Nouvelle Expression. Exigeant, comme il le reconnaît lui-même, Thomas Eyoum’a Ntoh quitte cette publication en 2005 pour mettre sur le marché "Respublica", un hebdomadaire d’informations générales pour lequel il effectue quelques reportages à l’étranger au cours de l’année 2006. Il quitte ce monde à 52 ans révolus. 

L.K. 

 

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