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15.11.2006

Ngondo: Espoir d´une jeunesse déracinée. 

La seule image qui me reste du Ngondo est celle de mon grand-père emmailloté dans un pagne de velours riche, une chemise blanche et un chasse-mouche à la main. Il sortait très tôt le matin, entouré de mes oncles et grands frères. Ils avaient vers un lieu que j´ignorais et avais l´air excité.

Depuis, mon grand-pére est mort, le Ngondo aussi, mais au cours des années , ma curiosité a été plusieurs fois mise en éveil pour satisfaire ma connaissance des mystères et de l´organisation du Ngondo. Ceci d´autant plus que le Ngondo va rennaître dans la mesure où sur le plan social et culturel, je suis à la recherche de mon identité d´enfant africain, d´enfant Sawa plongé dans les méandres de la modernité occidentale.

L´intérêt du Ngondo relève du caractère populaire de la fête: le Kaba de la femme, le Sanja de l´homme...les distractions (course de pirogues, lutte traditionnelle et d´autres que l´on regroupe sous le nom de “Maloko ma Kaiser” les jeux de l´empereur). La participation massive des populations seule peut contribuer au succès du Ngondo.

Dans la foulée, on pourrait se demander quelle est l´origine du Ngondo et quels sont les peuples concernés. D´abord considér´comme la commémoration de la reconciliation entre les Akwa et les Bell, le Ngondo apparaît maintenant comme le point de junction des peuples de côtiers qui ont en commun un certains nombre de pratiques culturelles et socials: port du pagne, consommation du Miondo et du Ndolè, pratique de la pêche, utilisation du Duala comme langue de communication…

Le Ngondo permet donc à tout un peuple de se remettre en mémoire les us de nos ancêtres, et d´en pratiquer quelques uns. Le Ngondo est une arme pour se prémunir contre l´abnégation culturelle, pour se preserver de la dépendence totale vis-à-vis de l´Occident et des peuples voisins. Le Ngondo est un instrument de paix, dans la mesure où ce brassage d´idées et de conscience crée les conditions idéales pour le dialogue. L´identité sawa s´en trouverait renforcée.

On peut se demander à juste titre ce qui identifie un Sawa d´un autre camerounais ou d´un autre Africain.

- Le fait qu´il s´exprime en duala ?
Pas du tout, dans la mesure où , il suffit d’habiter dans un quartier autochtone douala, pour bien parler cette langue qu’on dit très facile à apprendre!

- Le port du pagne? Non plus, car le pagne n’étant pas fabriqué par des artisans duala, n’importe qui peut s’acheter un pagne et l’attacher au tour des reins. Les Bakongo du Zaire se distinguent parce qu’ils mettent le pagne de manière continue et arpentent les rues de Maladi ou de Moanda ainsi attifés.

- L’utilisation de la pirogue? Encore moins! Car dans les derniers villages sawa, ceux qui pratiquent la pêche sont presque tous des Biafrais ou des Béninois. Les autochtones se contentent d´acheter le poisson. Ce qui est plus grave, c´est que les jeunes sawa ont une peur bleu de l´eau , redoutent le jour où ils devront faire un voyage en pirogue pour aller à un deuil à Jebalè, et attrapent quasimment le mal de mer en arpentant le pont du Wouri. En outre, je ne connais pas un jeune Sawa qui envisage de pratiquer le Esua (lutte traditionnelle).

Sur le plan alimentaire, c´est la même chose. Bref, on peut dire que les jeunes sawa ont perdu leur instinct culturel.

La position géographique de Douala est pour beaucoup dans cette situation. Le contact avec les Blancs a d´abord dénaturé la culture sawa. L´arrivée des autres peuples camerounais a fait le reste. La modernisation de la ville n´a fait qu´accroître la situation. Les Sawas qui vivaient dans les villages sont tous venus en ville et en ont abopté les moeurs occidentals. La langue même a perdu de sa substance.

Le retour au Ngondo est donc une bonne chose, dans la mesure où cette institution mettra les jeunes en contact avec les vieux, pour que les vestiges de valeurs culturelles vivaces soient préservées et pratiquées. Des groupes de recherche devront être crée pour aller de village en village chercher, si possible, jusqu´au Sud-Ouest des traces de la tradition Sawa. A Bwelelo-Dibombari se trouve une source intarissable de la culture sawa: le mythe de JEKI LA NJAMBE INONO. Ce recit conté par TIKI A KOULE A PENDA retrace l´organisation clanique dans un village sawa, les distractions, les guerres, les joutes mystiques…On pourrait trouver dans d´autres coins du Littoral ou du Sud-Ouest ce genre de reserves culturelles, pour inspirer le jeunesse.

Le Ngondo devra aussi se présenter comme un instrument d´ouverture vers l´extérieur, comme cadre ideal de résolution des problèmes d´ordre pratique que connaît le peuple Sawa dans le contexte de la Nation Camerounaise, notamment l´exiguité du territoire, et un nouveau partage des terres dans la mesure où la ville de Douala ne pourra plus permettre aux jeunes sawa de vivre ou de se construire un logis sur la terre de leurs ancêtres. Il faut faire rennaître le concept de BESSENGUE (terrain de reserve) en se servant des BEKOUMA (terrain de anciennement habité, mais abandonné par un village qui s´est installé dans une nouvelle matri-localité). Le baptême des rues devra être l´apanage du Ngondo ainsi que le retour aux dénominations éponymiques d´antan de certains lieux. A titre d´example, le quartier appelé New-Bell Barcelone, n´est en réalité que BONAMANDONE une patrilocalité belloise.

Pour être actuel, nous pensons que le Ngondo devra se positionner comme un groupe de pression politique et social, sans pour autant se tranmuer en ESSINGAN ou en LA´AKAM, mais en exigeant par exemple d´être consulté par les autorités gouvernementales pour la création de nouvelles cartes administratives, le découpage électoral et ce genre de decisions.

De l´autre côté, si le Ngondo se transforme en terrain de visés hégémonistes et de conflits personnelles au sein de la communauté sawa, il serait alors préférable qu´on laisse tomber et que les sawas trouvent autre chose pour la préservation de leur culture.

EYOUM NGANGUE
Déc. 91, Source: Ngondo. INFOS
 

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