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05.07.2008

Livre: André FOUDA 1951-1980 

En publiant cette étude, l´auteur a voulu apporter sa modeste contribution à la reconstruction de l´Histoire politique du Cameroun, celle de retracer l´itinéraire intellectuel et politique du très illustre maire de la capitale politique du Cameroun. Aussi, apporte-t-il un éclairage nouveau sur la vie politique de cette grande figure qu´il qualifie d´homme clé du «système Ahidjo ». Analysant avec perspicacité les mobiles sous-jacents qui ont concouru avant l´indépendance du Cameroun oriental à faire de cette icône du développement de Yaoundé le militant acharné de la légitimation du pouvoir colonial français, l´auteur amène progressivement le lecteur à comprendre les mécanismes ayant permis à André Fouda d´éviter d´être emporté par les tourbillons de l´indépendance.

La période 1958-1966, considérée à juste titre comme les années de aa «consécration politique » est de ce fait scrutée avec beaucoup de profondeur. En mettant en relief son mandat à la Commune urbaine de Yaoundé et son influence au sein de l´UNC, Serge Enyegue éclaire davantage le lecteur sur la maîtrise des leviers du pouvoir, ainsi que la capitalisation des ressources politiques qu´un acteur en pleine maturation idéologique a su mettre à profit tout au long de sa carrière.

De sorte que lorsqu´il décède le 27 février 1980, certains esprits fatalistes ne manquent pas d´y voir un signe prémonitoire de déchéance de l´édifice Ahidjo. La carrière politique d´André Fouda ainsi parcourue par Serge Enyegue dans cet ouvrage suscite un débat tout aussi fascinant que les thèmes
développés. Collaborateur en début de carrière et légaliste avant sa mort, André Fouda doit-il être considéré comme un personnage emblématique de l´histoire politique du Cameroun ou simplement une figure au second couteau ?

Serge Hervé Enyegue Mbatsogo est né le 19 juillet 1975 à Yaoundé. Après l´obtention de son Baccalauréat A4 Allemand en 1995 au Lycée Général Leclerc de Yaoundé, il s´inscrit à l´Université de Yaoundé 1 où il obtient tour à tour une Licence en Histoire option Relations Internationales, une Maîtrise et un DEA en Histoire politique. Titulaire d´un Diplôme de Professeur de l´Enseignement de Second Degré, il achève en ce moment à l´Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris une Thèse de Doctorat en Histoire politique sous la direction conjointe des professeurs Daniel Abwa et Elikia M´Bokolo sur le thème « L´Opposition politique au Cameroun de 1930 à 1984 : institutionnalisation, ruptures, permanences et mutations. » Au plan professionnel, l´auteur est Chargé d´études Assistant au ministère des Enseignements Secondaires.

André FOUDA
Itinéraire politique d’un bâtisseur,
1951-1980
Serge ENYEGUE
Préface du professeur Daniel ABWA

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Ci-après deux Articles n´ayant aucun lien avec le livre.
Une compilation de Sawa Mboa - PeuplSsawa

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Petite Histoire de YAOUNDE, la Capitale du CAMEROUN

Mon village est Akono, néanmoins, je ne le connais pas très bien parce que je n´ai pas eu le plaisir de le connaître plus dans le détail.

Le Cameroun mérite le surnom d´Afrique en miniature, ne serait de que par sa nature multilingue et multitribale, environ 250 tribus, reparties suivant près de 20 grands groupes ethniques.

les origines historiques de Yaoundé ?

Yaoundé vient de " ongola " qui signifie enclos ou clôture car un des premiers résistants qui s’appelait Ombga Bissogo disait à Essono Ela qui avait accueilli les premiers Blancs en 1889, de ne plus leur donner du terrain et de fermer les frontières de la ville à l’aide d’une clôture. La capitale a définitivement été fondée le 30 novembre 1889 par l’équipe Kurt Morgen, George Zenker et un certain Mebenga Mebono qui deviendra Martin Paul Samba, leur guide. Le premier nom de Yaoundé était " Epsum ", c’est-à-dire " chez Essomba ", ou encore " N’tsonum ", " chez Essono Ela ".

Le vocable Yaoundé ?

Déjà en 1887, une première équipe allemande était passée avec à sa tête le capitaine Kunt et Tapenbeck. Ce sont ces deux-là qui, en allant au sud-Nachtigal depuis Grand-Batanga et ayant aperçu des gens qui semaient des arachides dans cet endroit vallonné leur ont demandé qui ils étaient. Les planteurs ont répondu qu’ils étaient des " Mia wondo ", les semeurs d’arachides. Mais les Allemands, n’ayant rien compris ont traduit " yaundé ".

Les figures les plus marquantes de la ville de Yaoundé à votre époque ?

D’abord le chef de Ngoa Ekellé, Joseph Atemengué qui avait épousé la fille de Charles Atangana Ntsama, Ngono Ongola (de son vrai nom Cathérine Edzimbi). Ces deux hommes étaient des figures incontournables de Yaoundé à l’époque. La troisième personne est un Mvog ada de la même souche que André Fouda, Basile Emah ou Raphaël Onambélé Ela. Il s’agit de Joseph Onambélé Mbazoa qui, avec Joseph Atemengué étaient les deux seuls rescapés de la guerre ayant occupé Yaoundé de 1916 à 1921 alors que Charles Atangana (chef supérieur des Bétis) était en fuite avec les allemands.

Le Maire André Fouda?

La raison est politique. Charles Atangana Ntsama était de Mvog Atemengué, alors que Fouda André était un Mvog Tsoung Mballa ou Mvog Ada, mais ils sont tous les deux de la même souche. Toutefois, André Fouda sera d’un parti politique autre que celui de Martin Abega et André-Marie Mbida les grands ténors de la politique de l’époque. Ce qui ne va pas beaucoup l’avantager.

La véritable origine des vrais Ewondo ?

Les Ewondo ne sont qu’une sous branche de la grande tribu des Bétis, les Beti be Nanga. Tous les bétis ont donc pour ancêtres, Beti be Nanga. Ce dernier sera appelé Nanga Akôn, chez les Bulu. Beti be Nanga a engendré Kolo Beti, Eton Beti, Mvele Beti, Mvélé Beti (les Bassa), Mvan Beti, Meka Beti (les Maka), Bulu, la seule fille et Ntumu le dernier-né. On peut dire que les Boulou ne sont pas des betis mais plutôt les neveux des betis. En réalité il n’y a que quatre petits groupes de vrais Ewondo : les Mvog Tsoung Mballa, les Mvog Fuda Mballa, les Mvog atangana Mballa et les Mvog Essomba Ndana.Les Etenga parment la même langue mais ne sont pas des Ewondo ; ils descendent des Tikars par le jeu des alliances de mariage et de sang pendant les guerres.

Yaoundé au troisième millénaire ?

Il y a une très belle maquette de Yaoundé qui a été réalisée depuis le temps de Fouda André et qui a été parachevée par Emah Basile. Elle prévoie une grande route périphérique tout autour de Yaoundé. Tout y a été prévu, malheureusement, j’ai l’impression que son exécution tarde à se réaliser.

Aujourd’hui, il y a un sérieux problème de routes. A certains endroits, il y a plus de voitures que de piétons, car les ruelles construites par les Allemands n’avaient été prévues que pour le caracollage des chevaux. Certaines constructions se font sans un style approprié. Personnellement, je trouve que l’immeuble de la mort est une abomination de la désolation, on dirait qu’il manque des architectes dans ce pays. Je souhaite enfin que des espaces verts et des monuments soient créés dans la ville, sinon, comme le disait Monseigneur Zoa " Nous périrons avec notre ville au troisième millénaire. "

Les quartiers de " la ville aux sept collines " ?

Tout part de la mode coloniale qui veut qu’un peu partout au Cameroun les quartiers se créent par affinités tribales (quartiers haoussa, bamiléké…). En tant que capitale politique, Yaoundé n’a pas échappé au foisonnement des quartiers périphériques : Biyem a si, Mimboman, Etoudi, Nlongkak, ou la savane des bœufs, ancien fief des haoussa, Efoulan qui signifie mélange des tribus de même que Nsimeyong que le sultan Njoya avait reçu de Charles Atangana en 1931.

Les premières grandes constructions de la ville ?

Les premières constructions de Mvolyé datent de 1901 à 1907, alors que le palais de Charles Atangana d’Efoulan a été construit entre 1904 et 1910, mais le plus vieux bâtiment de la ville est situé derrière le ministère des finances., à côté du petit cimetière allemand. Il a été construit par le Major Hans Dominik entre 1896 et 1899.

Les missionnaires dans l’édification de la cité capitale ?

On ne le dit pas assez, mais les premiers missionnaires ne sont pas ceux de Mvolyé. Ce sont d’abord les missionnaires protestants de Djoungolo qui se sont installés à Yaoundé. Ensuite donc, Monseigneur Vieter et les Pères Pallottins arrivent de Kribi en 1901 pour créer Mvolyé qui veut dire " mvola ayie ", c’est-à-dire les gens chez qui il est difficile d’emprunter. Je ne saurais oublier le passage de Monseigneur Vogt qui va ordonner les tout premiers prêtres camerounais le 08 décembre 1935. Il créera ensuite les séminaires de Nlong, Saint Laurent de Mvolyé et Saint Joseph d’Akono dont je suis moi-même un produit avec le regretté Monseigneur Jean Zoa

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Brèves et Petit aperçu de l´époque des Maquisards // indépendance du Cameroun

Un peu de culture. L´indépendance du Cameroun a été obtenu dans la souffrance, depuis Um Nyobé, assassiné par la France. Après l´indépendance, les tueries ont continué quelques temps et le Cameroun s´est calmé.

Le 1er février 1962: Asphyxiés dans un wagon entre Douala et Yaoundé (Cameroun) … En gare de Douala, un groupe de cinquante deux détenus, hommes, femmes et enfants est embarqué tôt le matin, le 1er février 1962, dans un wagon métallique dont la porte est verrouillée. Quand le train arrive à Yaoundé au début de la soirée, l´asphyxie a fait son oeuvre: le gendarme qui ouvre le wagon découvre vingt-cinq cadavres. Des officiers français admettront par la suite avoir frappé trop fort. Sources : Mongo Beti, Le Cameroun d´Ahidjo, Les Temps Modernes, novembre 1972, n°316; Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun, édition des peuples noirs, page 70

Max Bardet, un pilote d´hélicoptère présent au Cameroun de 1962 à 1964 témoigne « En deux ans l´armée régulière a pris le pays Bamiléké du Sud jusqu´au Nord et l´a complètement ravagé. Ils ont massacré de 300 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n´avaient aucune chance. A la fin de la guerre, j´ai fait une prospection d´un mois avec un administrateur général du nom de Coudret. Il était indigné. Ce n´est pas possible tous ces villages morts, où sont les habitants ? Les villages avaient été rasés un peu comme Attila. Peu de français sont intervenus directement. J´en ai connu 3 ou 4. La presse n´en a pas parlé. On faisait plaisir au président Ahidjo parce qu´il fallait que le Cameroun garde ses liens avec la France. » (Max Bardet, OK Cargo, Grasset)



 

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