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11.11.2007

Bakassi Enquête: Affairisme, trafic d’armes, convoitisme du Nigeria... la tuerie 








































Pourquoi et comment les 21 militaires camerounais ont été abattus le 12 novembre dernier ;
Notre envoyé spécial à Akwa, Ekondo-Titi, Isobo, Isangele et au Nigéria raconte.
Depuis l´attaque d´une position de l´armée camerounaise dans la presqu´île, près d´Isobo, les troupes sont sur le qui-vive. En attendant la manifestation de la vérité…
Enquête et reportage de Denis Nkwebo

Les soldats camerounais positionnés à tous les postes d´observation dans les criques de la péninsule de Bakassi, cherchent toujours à comprendre ce qui est arrivé au poste de regroupement C3 du groupement opérationnel centre, le 12 novembre 2007. Ce jour-là, autour de 14h30mn, des hommes armés, cagoulés pour les uns, tandis que d´autres évoluaient à visage découvert, ont débarqué à bord d´embarcations battant pavillon camerounais. Sans crier gare, les assaillants ont arrosé à l´arme automatique les troupes trouvées sur place, faisant 21 morts et 14 blessés. "Nous avons été pris au dépourvu, lâchement. Nos bourreaux avaient des attributs militaires camerounais, la tenue notamment. Personne n´a eu le temps de réagir. Surtout, ceux qui nous ont attaqué ne voulaient laisser aucune chance de survie au capitaine de corvette Samuel Metiege Ebong en particulier". Ce témoignage de l´un des blessés admis en soins à l´hôpital militaire de Douala, rompt avec l´information officielle donnée sur l´incident du 12 novembre.

Mutations s´est rendue à Limbe, au commandement de l´opération Delta, nom de baptême des opérations et du dispositif militaire dans la presqu´île de Bakassi. Là, les sources officielles se sont montrées particulièrement réticentes, non sans fustiger "la curiosité malsaine des journalistes". Le commandant de l´opération Delta, le capitaine de vaisseau Oyono Mveng, est en déplacement, apprend-on. Quelques soldats contactés, parlent plutôt de la gêne et de la suspicion qui règnent au camp : "aucune information ne circule. Les réunions se multiplient". Cap sur Ekondo Titi, dans le département du Ndian dont dépendent les arrondissements de la presqu´île de Bakassi. Le capitaine de corvette Samuel Metiege Ebong, tombé sur le champ d´honneur, était le commandant en second du 21e Bataillon des fusiliers marins (Bafumar) à Ekondo Titi. L´un de ses collaborateurs, un officier marin, affirme qu´il est mort brutalement. "Il est parti d´Ekondo juste quelques jours avant sa mort. Il a offert à boire à tout le monde, en disant qu´il pouvait ne pas revenir vivant de sa mission".

Jusque-là, les informations glanées à d´autres sources au 21e Bafumar éludent la question sur l´identité des assaillants, qui, selon tous les premiers témoignages, en voulaient à cet officier. En route pour Bakassi, des passagers de l´embarcation qui conduit le reporter de Mutations, commentent l´incident avec beaucoup de prudence, chacun y allant de sa propre version, et de sa propre interprétation. Tuerie barbare, actes ignobles, manipulation, coup monté. Des mots qui en ajoutent à la confusion créée depuis le 12 novembre. Au contact d´une première source militaire sur l´Akwayafe, le fleuve qui coule d´Ikang, à moins de 30 kilomètres en territoire nigérian, les premiers témoignages sont cinglants : " nous n´avons plus confiance en qui que ce soit. Nous sommes ici pour défendre notre pays. Mais on nous tue pour cacher des preuves". De quelles preuves parle ce chef de poste d´observation ? Au prochain stop, les autres militaires tiennent le même langage, en s´en remettent à "la sagesse du chef de l´Etat qui doit mener une enquête indépendante".

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Regard : Secret dépense
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L´attitude de la hiérarchie militaire au lendemain du malheureux incident du 12 novembre dernier qui a fait 21 tués dans les rangs de l´armée camerounaise a été celle du patient qui, au lieu de prendre les dispositions qu´imposent la poussée de fièvre que lui indique le thermomètre, choisit de le casser.
Junior Binyam
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Certains n´ont pas fait l´économie de menaces, tançant l´attitude "antipatriotique" de Mutations qui s´était déjà fait l´écho, au lendemain du carnage, de trafics divers, notamment d´armes et munitions, qui avaient été à l´origine de cette attaque, sans préavis, de personnes non identifiées.
Notre enquête sur le terrain permet aujourd´hui, sur la base des témoignages de ceux là mêmes qui se présentent comme "la chair à canon", des militaires camerounais sur la ligne de front, d´affirmer que les "assaillants" ont bénéficié de complicité interne à la grande muette camerounaise. Les douilles retrouvées sur le champ de la fusillade appartiennent bel et bien à l´armée camerounaise et il est fait mention d´assaillants en tenue militaire camerounaise.

Ce qui est un secret de polichinelle depuis quelques jours au sein de la troupe, méritait d´être su de toute la République après l´avoir soumis, malgré l´adversité, aux recoupements, bien que périlleux dans le cas d´espèce, qu´imposent la démarche journalistique. Car, le secret défense ne saurait être une panacée qu´on agite pour couvrir des agissements répréhensibles et qui traduisent tout simplement une réalité : l´armée camerounaise est à l´image de toute l´administration publique. L´affairisme et la corruption y ont fait leur lit. Le haut commandement étale son goût du lucre et sa propension à gruger la troupe. Une colère sourde monte dans les rangs et de plus en plus les hommes en tenue exposent au dehors, les misères dont ils sont victimes. Affectés qu´ils sont à des tâches ménagères chez les hauts gradés, quand ils ne sont pas tout simplement mis à la disposition d´un parent de ces derniers qui montre bien plus de zèle dans la manœuvre de ces hommes qui se sont engagés sous le drapeau pour défendre l´intégrité territoriale et faire en sorte que le Cameroun demeure un havre de paix.

Des hommes d´honneur, à priori, dont le déshonneur est devenu le lot quotidien, ne se souciant même plus du qu´en dira t-on, se fabriquant des certificats médicaux pour ne pas aller au front ou "entretenant" les chefs pour être mis à l´écart quand sonne l´heure des missions périlleuses, pas toujours juteuses. Toutes ces pratiques hideuses, pour qui connaît le maillage des réseaux d´information mis en place dans une armée du fait de son caractère sensible et stratégique, ne sont pas inconnues du chef supérieur des armées. Ce dernier, par son silence, a certainement contribué à les enraciner. Car les plaintes des hommes qui revenaient du front de Bakassi n´ont cessé de se multiplier au fil des ans. Ils se plaignaient d´avoir été affamés, maltraités, et ont, pour la plupart, toujours indiqué qu´ils sont abandonnés à eux-mêmes, soutenant que l´Opération Delta, est une vache à lait pour certains qui envoient d´autres au casse-pipe.


Au Rio Del Rey, près d´Isobo, à quelques kilomètres seulement de Isangele, des confidences militaires plus précises filtrent des entretiens. On apprend ici que les hommes ayant attaqué les positions camerounaises étaient arrivés à bord de pirogues à moteur, sept au total, même si les six autres sont restées loin du bord du fleuve. Un sous-officier marin explique comment les assaillants n´ont pas usé de la ruse pour attaquer et tuer leurs victimes : " ils ont agi comme s´ils nous connaissaient. Et ce sont effectivement des Camerounais, je crois. Ils se sont juste faits accompagner de leurs complices. D´ailleurs, les douilles de balles récupérées sur place se trouvent être celles de la marine nationale, entre autres ". Les assertions du marin concordent avec celle du rescapé que nous avons approché. Ce dernier a indiqué qu´il avait reconnu au moins deux des assaillants. Des responsables de la police qui sont allés interroger ledit témoin, en ont été empêchés par les militaires, a-t-on appris de source proche de l´hôpital militaire de Douala.

Révélations

Dans la localité d´Isobo, non loin du lieu du drame, les populations assurent que ce qui est arrivé était prévisible. Au moins une semaine avant l´incident. A l´origine d´un climat particulièrement tendu, et d´un bras de fer interne à l´armée camerounaise, l´arrestation du prénommé Famous ; un trafiquant d´armes et de munitions, notoirement connu dans la région. C´est lui qui a contacté les chefs du poste de regroupement C3 du groupement opérationnel centre, après avoir abordé d´autres militaires à Isanguele, à l´effet d´acheter armes et munitions. " Après avoir recueilli des informations précises de Famous, ce dernier a été arrêté sous la houlette du capitaine de corvette Metiege ", confie une source à Bakassi, en précisant que " la décision de transférer Famous à Yaoundé et non uniquement à la base Delta a mis le feu aux poudres ". En clair, les chefs militaires au front ne se sont pas accordés sur la gestion de cette affaire de trafic d´armes.

Nous nous sommes rendus à Isobo, dans la petite boutique tenue par Famous. Ici, l´entourage confirme la nouvelle de son arrestation, la fuite de son lieutenant surnommé " Orock ". Non sans confirmer les trafics de cet homme par ailleurs activement recherché par la police nigériane. A la base des services secrets nigérians, la State Security Service (Sss) à Calabar, non loin du Kimaro motel, Famous est présenté comme " un passeur dangereux, trafiquant d´armes qui opère avec la complicité de mauvais officiers camerounais et nigérians à la fois ". Le père de Famous avoue d´ailleurs qu´après l´arrestation de son fils, ses protégés ont cotisé près de 50.000 Naïra (200.000 FCFa) pour l´aider à obtenir la libération de son fils. Ce qu´il n´a pas fait. D´après lui, " les nouveaux gendarmes étaient intransigeants ". Les nouveaux gendarmes dont il s´agit, ce sont les militaires camerounais et notamment leurs chefs tués au Pc3. Chief Inuyang, un monarque traditionnel qui a souvent profité des trafics de certains responsables militaires camerounais, a promis vengeance et mort aux soldats de l´opération Delta.

Mais avant, comment les militaires camerounais ont-ils été tués aussi facilement le 12 novembre dernier ? " Ce jour-là, le commandant Delta était attendu à Bakassi. Dans les différents postes, les armes étaient aux faisceaux ", répond un officier. Après avoir appris la nouvelle de l´attaque, le Comdelta, le capitaine de vaisseau Oyono Mveng a rebroussé chemin. Les assaillants le savaient, très probablement, que les armes des soldats camerounais étaient aux faisceaux. Comment le savaient-ils ? Un colonel de l´armée, citant une source indépendante de l´enquête ouverte par le ministre de la Défense et le chef d´état-major de l´armée " pour tirer l´affaire au clair ", estime plutôt qu´il y a eu " une opération militaire visant à brouiller les cartes en éliminant des témoins ".

Cet officier supérieur note qu´en sa qualité de chef opérationnel des armées, " le chef d´état-major ne peut pas diligenter une enquête indépendante sur le terrain ". Il existe, dit-il, d´autres responsables de l´armée pouvant diligenter une enquête crédible, notamment le contrôleur général des armées, le général d´armée Pierre Semengue et l´inspecteur général des armées, le général de corps d´armée Jean Nganso Sunji. Dans la foulée, une autre source au cabinet militaire du président de la République a indiqué que le commandant de l´opération Delta allait être entendu dès vendredi dernier, " sur instruction du président Biya ". La même source parle de la suspension imminente de l´enquête en cours, pour laisser la place à une commission mixte d´enquête qui sera mise sur pied par le chef de l´Etat. Depuis le 12 novembre, des enquêteurs de la police, la gendarmerie, la Recherche extérieure et la Sécurité militaire, se sont rendus sur place à Bakassi.

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Psychose : Haute tension sur tous les fronts
Sur l´ensemble des îles de Bakassi, on craint à la fois chez les militaires et au sein de la population civile.
Denis Nkwebo à Bakassi, Ikang et Calabar

Mercredi 21 novembre 2007. A Ndongoré, centre spirituel des populations du Ndian, sous un soleil accablant, les passagers de la pirogue "God´s time is the best", nom symbolique en eaux troubles, hésitent à se parler. Lorsqu´ils traversent le tronc de bois noir qui alimente mille et une légendes populaires à cet endroit, depuis des lustres, ils croient savoir que les autres rives, celles de Isangele, Rio Del Rey, Idabato, Akwa, Akwayafe, Ngosso, etc., en territoire camerounais, ou Ikang et Orong, en territoire nigérian, sont à portée de main. Selon la légende, Ndongoré extirpe le mal des bagages et des cœurs, et bannit la haine.
Depuis le 12 novembre 2007, date de l´attaque d´une position camerounaise dans le Rio Del Rey, les uns et les autres ne se regardent pas nécessairement en chiens de faïence. Mais la situation désormais embarrassante trace des sillons de la méfiance. Pourtant, au dessus de la profondeur des eaux, Camerounais et Nigérians finissent par évoquer l´incident. En haute mer, l´amour du prochain, la proximité et l´imminence de la mort, la menace des vagues, forcent l´accord parfait et la convergence des vues. Puis, l´on se rapproche des postes militaires...

Nous sommes ici dans la mangrove, en zone interdite. L´audace du visiteur ou des riverains, pour ce qui est devenu à nouveau une zone de guerre. Depuis la rétrocession de Bakassi au Cameroun le 14 août 2006, les mouvements des populations sont libres sur l´ensemble de la presqu´île de Bakassi. Le conducteur bifurque, ralentit, relance le moteur pour se perdre dans les grandes eaux. Ainsi débarque-t-on à Ikang, à 30 kilomètres de Calabar, capitale de l´Etat nigérian de Cross-River. Le chef du poste d´immigration, l´officier de police Chukwu est plutôt serein. " Je sais que vous êtes là pour ce qui est arrivé chez vous. Nous n´y sommes pour rien. Vous avez deux heures pour travailler librement chez nous ", dit-il.
Dans les eaux du fleuve Akwayafe, au quai, quatre bateaux militaires nigérians mouillent. Trois sont en fait des épaves, tandis que le quatrième est un navire proche du typhon Pc5. Les lance-roquettes, sans minutions, sont braquées vers Akwa, en zone camerounaise à Kombo Abedimo. Sous les palétuviers, près d´une caserne vidée de sa troupe, deux militaires non armés discutent, en douce. Ils demandent à voir le reporter de Mutations. "Vous êtes un gendarme déguisé", dit l´un d´eux, avant de se raviser.

De Ikang à Calabar, aucun homme en tenue n´est visible. A Ekondo-Titi, un officier militaire camerounais assurait que le Nigeria avait massé les troupes à Ikang. Il n´en est rien. Tout comme à Calabar. La mobilisation est ordinaire au " barracks ", le camp local. Seuls les éléments de la State Security service, chantres de l´espionnage et du contre espionnage, très redouté au temps des régimes militaires successifs au Nigeria, se montrent agressifs : " nous attendons de voir comment les autorités camerounaises vont gérer l´affaire du trafic des armes. Nous sommes au courant des transactions depuis au moins cinq ans. Maintenant, les choses doivent être tirées au clair ". Tout le monde ici dément toute implication des forces nigérianes dans les incidents du Rio Del Rey. Les officiels locaux sont plutôt embarrassés par l´affaire.

Mitraillettes
De Ikang, la route maritime vers Akwa est incertaine. Il est probable que toute embarcation qui s´y pointe soit arraisonnée. Après 25 minutes de trajet sous la menace des vagues, nous sommes au poste militaire le plus avancé, le plus proche des positions nigérianes. Les armes en bandoulières sont reprises à la main par les six soldats camerounais qui, d´un signe de la main, nous font une sommation. Sans doute la dernière. Nous nous rapprochons de la rive. Un exemplaire de Mutations nous sert de pavillon. Une carte professionnelle, retrouvée à la dernière heure, convainc les bidasses de l´identité du visiteur. De là, il faut contourner les autres postes, pour se rendre en catimini dans le Rio Del Rey. Il faut absolument mettre le cap sur Isobo, fief de Famous, prénom du principal trafiquant d´armes et passeur attitré dont parlent les services camerounais et nigérians.
Avant Isobo, les militaires que l´on ne peut éviter, dressent leurs tailles immenses sur les talons. Ils nous somment de mettre les mains sur la tête avant d´approcher. Chose faite avec empressement. " Vous êtes là pour enquêter, mais les militaires ne parlent pas. Il faut aller écrire que nous sommes des chairs à canon, c´est tout ", lance farouchement le sergent qui tient la petite équipe de cinq hommes. Quelques confidences sont faites. " Soyez surtout prudents ", nous conseille-t-on pour conclure.

Retour à Akwa, où nous tentons de rencontrer les autorités administratives. Il faut passer par le second poste militaire, sur l´Akwayafe. Les soldats camerounais sont encore une fois aux aguets. Notre pirogue est stoppée de loin par des mouvements d´un fusil mitraillette, prêt à dégainer. Après une trentaine de minutes de pourparlers, l´accès à Akwa nous est autorisé. Les guides nigérians sont gardés sur place. Deux militaires conduisent le reporter à la sous-préfecture de Kombo Abedimo. Chemin faisant, les habitants postés devant les habitations baissent la tête. Personne ne répond à nos salutations. " Ces gens nous méprisent ", explique l´un des militaires. Cap sur la sous-préfecture.
C´est pourtant ici que s´est déroulée la cérémonie de rétrocession de Bakassi au Cameroun, le 14 août 2006. La discussion avec l´adjoint d´arrondissement, Jean Blaise Soh Fokam, se déroule sous le contrôle de trois responsables militaires. " Nous n´avons pas été informés de votre arrivée. Nous ne parlons pas ", lance le commandant de marine. Réponse du journaliste : " nous ne voulons effectivement pas vous faire parler. Nous irons à d´autres sources plus autorisées ". De là, il faut user d´astuces pour rencontrer les populations de façon isolée, en dehors de tout contrôle militaire. De bout en bout, les militaires sont sur le qui-vive. La nervosité et la tension s´entremêlent.

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Jean Blaise Soh Fokam : Nous n´avons pas entièrement autorité sur les habitants
L´adjoint d´arrondissement de Kombo Abedimo parle de l´attaque surprise du 12 novembre 2007 à Rio Del Rey.
Propos recueillis par D. N., à Akwa

Comment avez-vous appris la nouvelle de l´attaque du 12 novembre 2007 dans le Rio Del Rey ?
C´était une surprise. Il était quatorze heures trente lorsque les coups de feu ont été entendus. Les populations camerounaises, constituées en majorité de fonctionnaires, ont accouru vers la sous-préfecture. C´est le lendemain que nous avons appris davantage sur la nouvelle de l´attaque du poste de commandement numéro 3. Les gens ont un peu vécu dans la peur. Mais maintenant, les mesures ont été prises pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Ces mesures sont essentiellement techniques. On ne peut pas en parler.

Est-ce un cas isolé d´attaque militaire à Bakassi ou alors y a-t-il eu de temps en temps des incidents similaires dans la région ?
Depuis que la zone de Bakassi nous a été rétrocédée, il n´y a jamais eu pareil acte, en dehors de quelques drogués qui peuvent souvent s´adonner à des actes mineurs. Il n´y a pas de banditisme chez nous. Ni en mer, ni ici sur terre.

Quelles peuvent être, selon vous, les causes de la récente attaque et qui en sont les auteurs ?
Il y a très peu, on avait arrêté des gens qui sont entrés dans la zone avec l´intention d´acheter des munitions à Isangele. On ne sait pas à quelle fin ils voulaient ces armes et munitions. Il y a un chef Ijaw qui aurait promis de venger son fils arrêté. Nous hésitons à penser que ce sont les rebelles du Delta du Niger et des extrémistes Ijaw. Soit ils ont agi par vengeance pour faire libérer leur fils, soit ils tenaient à tout prix auxdites munitions. On n´est toujours pas fixé. Les enquêtes sont en cours. On soupçonne plus les Ijaw. Ils ne sont même pas installés ici. Mais ils ont une population vivant ici.

Quelles sont les consignes de sécurité que vous avez données aux habitants de la région depuis lors ?
Le seul message c´est de rester calme. De ne pas paniquer. Nous le leur avons déjà dit. Il y a par exemple la consigne sur les mouvements des bateaux et des pirogues. Tout le monde qui arrive ici doit passer par le Beach central. Dès qu´un étranger se présente, il faut le signaler aux autorités. Ce qui nous lie les mains encore, c´est que nous n´avons pas entièrement autorité sur tous les habitants de la zone


 

Source: Mutations | Hits: 16684 | Envoyer à des amis  ! | Imprimer ! | Réagir(0)

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