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23.11.2005

Mise au point du prince René Douala Manga Bell 

Suite à un article paru dans vos colonnes dans l’édition du jeudi 10 novembre 2005 sur les prétentions des Bassa de Douala au poste de délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, je vous prie de bien vouloir publier dans votre prochaine édition la présente mise au point qui, je l’espère, permettra de lever définitivement un malentendu sur l’histoire de la ville de Douala.

Avant le XVIIème sicèle, les Bassa et les Bakoko occupaient déjà l’espace qui va s’appeler plus tard Douala, en souvenir de Ewale Mbedi, l’ancêtre éponyme des Duala, qu’ils ont accueillis bien avant l’arrivée de la “ Mouette ” de Gustav Nach-tigal au nom de l’Empereur allemand Guillaume Ier de Hohenzollen. Cette ville s’appelait Monaschambeach (ce qui signifie à peu près “ la ville des Bassa ”).

Un détail curieux dans l’histoire de la ville de Douala mérite d’être relevé. Les Bakoko, des riverains, habitaient dans le village Bonanjinje à Deido, à l’endroit précis où sera planté plus tard l’arbre oracle (le grand fromager) des Bonebe-la qui s’est effondré il y a quelque vingt ans. Ces Bakoko ont été absorbés par les Duala de Bonadoo, ils se sont aujourd’hui fondus dans la communauté des Bonama-toumbé dans l’arrondissement de Douala IV. Par contre, les Bassa, quant à eux, ont toujours vécu dans l’hinterland. Ce sont aujourd’hui les Sodiko de Douala IV.

Le président du Nsaa du Wouri ne doit pas perdre de vue que les “ Massosso ma Nyambé ”, nés par le truchement des mariages entre les Bakoko, les Bassa et les Duala ne se sont jamais posé de questions de quelque nature sur leur sort respectif, du simple fait que la ville porte le nom de Douala depuis 1901, sous la houlette des rois bell et Akwa (sous l’égide du Ngondo) qui ont signé avec les Allemands le traité germano-Douala du 12 juillet 1884.

Ngombé Gilbert Thomas n’en pense pas moins. On dit couramment “ Bakoko de Douala ” ou encore “ Bassa de Douala ”. Mais encore, et c’est très important, un Duala, un Bakoko ou un Bassa nés à Douala peuvent devenir à tour de rôle délégué du gouvernement à Douala. Mais mieux que cela, c’est ma position sur la question, ce poste doit être définitivement supprimé, chaque maire élu s’occupant de son arrondissement et répondant de son action devant ses électeurs qui pourront à tout moment retirer leur mandat à ceux qu’ils ont librement élus. Ce ne sera que justice, en toute démocratie.

J’espère que cette mise au point, à l’heure où le grand Sawa se prépare à l’événement annuel du Ngondo, servira à couper court à toutes ces querelles stériles et inutiles qui nous font perdre de vue la réalité de notre destin.


Par Prince René Douala Manga Bell (au milieu) Chef supérieur canton Bell
Le Messager Le 23-11-2005



*****************************************************
Article du Messager dans l’édition du jeudi 10 novembre 2005

Les Bassa du Wouri * interpellent les décideurs

Dans sa livraison du 17 octobre 2005 à la page 5, “ Le Messager ” a publié un article sur la communauté urbaine de la ville de Douala où il s’est agi entre autres d’une interpellation de la communauté Bassa du Wouri dont l’absence dans cette collectivité locale et les sphères publiques a toujours suscité interrogations et mécontentements.
L’opportunité que “ Le Messager ” donne à ce peuple doit être exploitée avec philosophie à plusieurs titres et permettre d’établir les responsabilités de cette absence.
Déjà il faut rappeler, si on s’en tient aux principes cardinaux de notre administration, qu’à la tête de la communauté urbaine, doit être nommé un digne fils du terroir, au mieux un autochtone.
Mais curieusement la communauté urbaine de
Douala est toujours dirigée à une ou deux exceptions près par les Douala, alors que le département du Wouri est composé de 3 grandes tribus : Douala moins nombreux, Bakoko et Bassa qui occupent les 2/3 du territoire de ce département. Ce que semblent ignorer plusieurs décideurs.
Jusqu’à ce jour, aucun des fils du grand canton Bassa n’a encore eu le privilège de trôner à la tête de cette structure (même le rôle de faire valoir : adjoint au délégué joué à une époque lointaine par un ou deux fils de notre canton ne nous est plus accordé) pourtant, comme partout ailleurs dans le Wouri, le peuple Bassa regorge d’intellectuels, de diplômés de l’enseignement supérieur, de cadres d’administration et politiques, de personnes ressources qui pourraient aussi contribuer au développement étant à la tête de cette communauté urbaine.
Malgré ce potentiel humain, qu’est-ce qui justifierait donc cette absence qui s’étend même sur un plan général aux nominations dans les fonctions importantes tant dans l’administration que dans les sociétés para-publiques ? Cette question apparemment simple revêt un caractère assez complexe.
Après analyse, il se trouve que le peuple du canton Bassa est en partie responsable de cet oubli. En effet, certaines de ses élites et autorités traditionnelles n’ont jamais eu à faire prévaloir de manière catégorique leurs capacités et leur identité culturelle. Béatement et naïvement, elles ont accepté être inféodées par les autres peuples ou organisations.
Par conséquent, les décideurs, dans les nominations, ne voient que la façade constituée des seuls
Douala qui n’hésitent pas à brandir l’épitaphe Sawa dont ils sont les seuls bénéficiaires.
Le peuple Bassa du Wouri est une entité socio-culturelle à part entière qui vit et évolue comme les autres. Tout ce qu’il demande, c’est de contribuer au développement du Cameroun par sa pleine intégration et qu’il soit reconnu comme tel.
Logiquement si on s’en tenait à la trilogie des “ Massosso Ma Nyambe ” que la tradition Sawa évoque, les trois foyers (Bassa, Douala et Bakoko) devraient œuvrer harmonieusement pour que le poste de délégué auprès de la communauté de la ville de Douala leur revienne à tour de rôle sans discrimination aucune.
C’est l’occasion d’interpeller les décideurs à plus d’équité et de responsabilité, les dignes fils Bassa à une prise de conscience de cette marginalisation et à plus de tolérance les uns envers les autres ; un peuple divisé ne peut aspirer au développement. L’insertion des Bassa et la reconnaissance de leur identité socioculturelle passent par la naissance d’une nouvelle dynamique qui reposerait sur une organisation claire et efficace où l’autorité traditionnelle jouerait un rôle prépondérant en conciliant et en se concertant avec toutes les forces vives du canton Bassa.
C’est pourquoi s’impose la nécessité d’une autorité traditionnelle conséquente à la tête du Canton Bassa et non un chef imposteur et égoïste, se laissant manipuler au détriment des intérêts du canton Bassa.
Aux frères et voisins
Douala, nous disons : pensez aussi aux Bassa sans oublier que vous avez assez contribué au développement de notre ville. Qu’il soit aussi donné aux Bassa d’en faire autant. Passez leur le témoin.
Sans avoir été exhaustif, notre objectif était de profiter de cet article pour interpeller la conscience de tous les ressortissants du canton Bassa, nos frères
Douala et, de l’administration pour qu’un effort soit fait pour résoudre rapidement le problème de marginalisation de notre canton.

e-mail : nsaawouri@yahoo.fr
* Les Bassa du Wouri sont regroupés au sein d’une association des élites et forces vives du canton dénommé “ Nsaa du Wouri ” dont l’ère géographique comprend : Bangue, Beedi, Boko, Bonanloka, Bonadiwotto, Kotto, Logbaba, Logbessou, Logpom, Lendi, Makepe, Malangue, Ndomgbè 1, Ndomgbè 2, Ndogbong, Ndogbati, Ndoghem 1, Ndoghem 2, Ndokoti, Ndogsimbi, Ndogpassi, Ngoma, Ngombe, Nyala. 
Par Le président du Nsaa du Wouri NGOMBE Gilbert Thomas
BP 3273 Douala Tél. (237) 340 09 66
Le Messager Le 10-11-2005



 

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