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12.04.2008

Entretiens avec Aimé Césaire 3 

Édouard J. Maunick: Aimé Césaire, c’est très difficile d’avoir du temps. Mais quand tu as du temps?

Aimé Césaire: Bon! Qu’est-ce que je fais? Je vais me promener, dans la mesure où ma santé me le permet à l’heure actuelle. Hélas, elle me le permet bien peu.

Tu aimes marcher beaucoup?

J’aime beaucoup marcher. J’aime faire les quais, j’aime bien regarder les bouquins. J’aime bien rentrer dans chaque librairie et regarder dix livres avant d’en acheter un, etc., etc.

Quand tu vas quelque part. Tu as dit toi que tu n’étais pas vaniteux mais je crois que tu as l’orgueil qui est nécessaire à chaque homme pour qu’il continue à traverser la vie. Je crois que sans orgueil on ne peut pas passer. On ne peut vraiment pas passer. Et tu sais que tu es Aimé Césaire, que tu as écrit certains livres, certaines pièces de théâtre, nous y reviendrons tout à l’heure. Que tu as quand même un public, parce que je t’apprends rien à te dire que beaucoup te lisent surtout dans les pays que tu as nommés que tu connais.

Quand tu vas quelque part que ce soit dans une réunion littéraire, que tu détestes, je le sais, ou alors quand tu vas quelque part dans un salon ou chez des amis et que tu entres, quel est ton sentiment? A priori, quel est ton sentiment? Après, je sais ça va tout seul, mais avant?

Je n’aime pas aller… Je n’aime y aller. Et je n’aime pas précisément cette chose dont tu me parles. Ce que vraiment j’aurais souhaité, c’est que personne ne me considère comme l’auteur de…, etc.
Ça me gêne d’être précédé de la réputation. Moi, c’est Aimé Césaire. Vraiment, ça me gêne beaucoup.

Mais c’est impossible. Il faudrait que tu n’aies pas écrit.

Oui, ça me gêne beaucoup, ça me gêne beaucoup. Et si quelque chose pourrait empêcher de dire un mot c’est précisément l’idée que on va se faire en disant c’est pas ce qu’on attendait de Aimé Césaire. C’est pas ça. Pas du tout. J’aime bien…
J’aime bien être simplement, être reçu en tant qu’homme, être traité comme homme, avec le droit de dire des bêtises, avec le droit de me tromper, avec le sentiment que je ne suis pas un oracle, etc., etc. Être autrement de plein pied avec les gens.

En d’autres mots tu veux être un simple mortel.

Très exactement.

Ah ! C’est un petit problème. Eh bien c’est une chose à laquelle je ne pense pas, mais en même temps qui me hante, c’est évident. Elle terrifie ma raison. Non il faut distinguer! D’abord il y a une chose. Il y a d’abord la mort des autres. Et hélas, dans ma vie, je commence à voir les rangs s’éclaircir. Beaucoup de morts autour de moi et depuis quelques temps. Et là on ne s’y fait pas. Encore que pour certains êtres disparus, ça je crois très fortement comme Birago Diop, les morts sont là.

Ils ne sont pas morts.

Ils ne sont pas morts

Ils sont dans la maison. Et même d’un geste familier je sais qu’ils sont là. Ma mère et mon père qui est mort, il n’est pas mort entièrement pour moi. Ma femme, Suzanne, et bien elle n’est pas entièrement morte pour moi. Il y a des moments où elle est carrément vivante, pour moi.

Et quels sont ces moments-là?

Je ne peux pas les définir. Mais moi la mort ça me paraît épouvantable, ça me paraît terrible, mais je crois que je saurais mourir finalement. Pourquoi? Parce que je crois que… Encore une fois ce n’est pas de l’ordre de la philosophie. Je ne voudrais pas du tout que l’on durcisse ça en terme de raison. Je n’écrirai jamais ça par exemple.

Je te comprends.

Je sais que ce n’est pas un article de philosophie ou une dissertation sur la mort. Je parle de choses qui me sont finalement assez personnelles et là encore je fais toujours la distinction. Ce que la raison de Aimé Césaire formé à une certaine école peut admettre et ce que le vieux nègre fondamental qui est en moi peut sentir, enfin ça ne concorde pas toujours d’ailleurs…

Mais tu te sens encore plus lié à ce vieux nègre qui pense [en toi2].

Ah c’est sûr, c’est sûr.

C’est celui-là qui te donne tes raisons de mourir et de ne pas mourir.

Certainement ! Très certainement !
Je m’aperçois qu’en réalité peut-être que ma philosophie de la mort vient du culte, du vieux culte païen que j’ai de l’arbre. Car je suis très végétal. Beaucoup de gens dans ma poésie – ça me fais rire un petit peu – ils s’imaginent que c’est de l’exotisme que je fais. Ce n’est pas vrai du tout. C’est pas du tout de l’exotisme. Ça n’a pas de sens pour moi l’exotisme. C’est que vraiment les choses qui m’émeuvent le plus, eh bien, il y a les arbres. Moi ça m’émeut. Et je m’aperçois qu’en réalité, c’est pas un objet d’ornement pour moi, c’est autre chose parce que ça représente une conception de la vie, une vie, une mort, la germination de la mort, les saisons. Ce sont des choses que je conceptualise très mal mais qui représentent en définitive ma philosophie de la vie, ma philosophie de la mort

Oui, si je t’ai parlé de la mort c’était pour parler du vivre. Je crois que nous n’avons fait que cela et de très longues minutes. Et tes enfants ça représente beaucoup pour moi?

Ça va ensemble. J’ai parlé de Senghor mais ce serait très ingrat de ne pas parler d’Alioune Diop qui est une figure tellement admirable. Et Alioune Diop que j’aime profondément, et que je respecte profondément parce que je pense qu’Alioune est un pur – on ne le comprend pas toujours mais c’est vrai – et bien Alioune me disait en somme tu vis à l’africaine. Mais c’est vrai. J’ai dit mais oui, c’est vrai au fond, c’est vrai. C’est ça parce que bon je vis au milieu de ma tribu, au milieu de mes enfants. Ça compte pour moi. Bon. Et bien je crois que tout ça ça va ensemble, ça fais parti de… L’arbre, les rejetons, la vie, la mort. Au fond, quand Frobenius parle de… tu sais c’est un livre que personne ne lit plus ça; ça doit irriter terriblement les ethnographes modernes [surtout4] les ethnographes français comment appelle-t-il donc ça tu sais quand il parle des saisissements, ces saisissements premiers, n’est-ce pas?

Je crois que y a ce saisissement de la nature, ce saisissement de l’arbre que je connais, toutes ces forces telluriques, tout cela n’est-ce pas qui en définitive explique mon comportement dans tous ces domaines que tu viens d’évoquer.

Ce sont au fond des aspects d’une civilisation d’avant la machine.

L’homme a réussi son exil vers ailleurs. Il est allé sur une autre planète. Qu’est-ce que cela représente d’utile et d’inutile?

Oui bien sûr, il y a, il y a ce côté exil qui peut émouvoir. Non, en définitive, je ne peux pas dire que j’ai admiré beaucoup. Il y a bien sûr la performance technique extraordinaire mais mon Dieu nous en avons vu tant! Non, surtout ce qui me frappe c’est la disproportion qu’il y a, c’est le mauvais usage de la puissance. Ç’est ça qui me frappe le plus en Europe, n’est-ce pas?

Bon bien sûr on va dans la Lune mais à côté de ça il y a les ghettos de New York n’est-ce pas? Autrement dit les Américains sont capables d’aller là-bas. On se demande d’ailleurs ce qu’ils vont y faire, que ce n’est pas encore pour installer je ne sais pas quoi et puis à côté ils ne sont pas capables d’aménager leurs rapports avec leurs propres concitoyens américains parce qu’ils sont noirs. Ça me choque profondément.

Et tu ne crains pas à répondre ceci qu’on te taxe de facilité. Qu’on dise bon, c’est le premier argument venu?

Non, je le dis comme je le pense. Moi ce qui me choque le plus en Europe, dans la civilisation occidentale – c’est peut-être un lieu commun mais pourquoi pas le dire c’est ça que je sens – ce qui choque terriblement, c’est la difficulté que l’homme européen au sens très large du terme – je ne vais pas lui donner une couleur – m’enfin a à aménager les rapports avec les autres hommes. C’est ça qui est la chose fondamentale.
Qu’on aménage les rapports avec les choses c’est possible, mais avec les hommes, pas. A propos de ma dernière pièce, elle a bien révélé. Qu’est-ce que j’ai bien voulu montrer. Bon

Tu parles là d’Une tempête5.

Mon adaptation de Une tempête. Le drame de l’Europe a commencé à ce moment-là. L’Europe a beau faire tout ce qu’elle veut. En réalité l’Europe depuis sa grande révolution enfin pré cartésienne, cartésienne et pré cartésienne, en réalité elle a misé sur la puissance. C’est ça. On a coupé tout le côté mystique du monde, n’est-ce pas. On a développé de manière presque monstrueuse, la raison; la seule raison et la raison pas seulement pour comprendre, la raison pour dominer. L’Europe ne peut pas choisir, elle ne peut pas jeter par dessus bord Hitler. C’est de la même foulée tout ça. Et c’est vrai, le culte européen de la raison a conduit tout droit à un totalitarisme, à l’esprit de domination, au surhomme, etc, etc; qui est le contraire de l’homme fraternel dont nous rêvons.

Puis-je te demander à ce point de notre conversation et en partant de ce que tu viens de dire; est-ce que tu crois qu’il est temps encore de revenir à ces valeurs auxquelles nous tenons, c’est-à-dire l’homme d’abord puis le reste? Est-ce que tu crois qu’on peut encore y revenir?

Non!

Est-ce que ce n’est pas rêver tout haut?

Absolument. C’est évident. Non, la raison me dit que non. L’évolution historique mène nos sociétés. Nous savons très bien qu’en réalité elles aussi sont happées par l’évolution. Et au fond, l’Amérique n’est que la préfiguration de ce que tous nous serons. Oui, mais enfin ; c’est pas comme ça qu’il faut voir les choses. Il ne faut pas voir les choses simplement sous l’angle historique et d’un point de vue évolutionniste. Je crois que c’est pas vrai, ça.

Je crois que chez l’homme y a plus que ça. Y a la double, comme dirait Baudelaire, la double postulation. Y a cette postulation-là et puis y a une autre postulation mais c’est concomitant. Je crois que l’erreur c’est de voir les choses sous l’angle d’une évolution univoque. Ceci étant un stade après lequel il y aura encore un autre stade, n’est-ce pas? Je crois que c’est concomitant. Ben oui mais l’homme est à la fois cet être là et cet être de raison, cet être épris de domination. Mais en même temps, il y a en même temps chez cet homme l’appel à la fraternité. Moi, je choisis du côté de la fraternité.

Son historicité, ce ne sont pas des couches différentes…

Ce ne sont pas des couches différentes.

C’est une surface.

C’est une surface et je crois vraiment à la perpétuelle bivalence ou polyvalente, enfin. Et tout ça est concomitant.

Alors là je crois… la dernière question à poser – enfin il y a tellement de questions qu’on aurait pu te poser – tu vas vivre demain. En sortant de notre conversation tu vas continuer la vie d’Aimé Césaire. Je ne vais pas te demander ce que tu demandes à demain. Mais pour toi d’une manière ou d’une autre que tu le veuilles ou non il est essentiel de savoir ce que sera l’avenir. C’est ma question finale. Oui, comment vois-tu l’avenir?

L’avenir du monde ou l’avenir…

L’avenir de nous, l’avenir du peuple négro-africain d’abord et puis du monde entier parce que nous sommes solidaires des autres ; même s’ils ne sont pas toujours solidaires de nous.

Oui ! Comment je vois l’avenir. Je ne suis pas du tout un prophète. Je ne vais pas vaticiner. Je subis comme tout le monde l’événement. Et je veux seulement tâcher d’y voir clair.

Non j’ai déjà dit tout à l’heure je me sens extrêmement inquiet. Je sens que je suis très inquiet par des choses très précieuses, très près de moi, très inquiet de l’avenir des Antilles et je suis très inquiet, je suis angoissé par les perspectives africaines, c’est vrai. C’est normal. A l’heure actuelle le monde vit dans une sorte d’équilibre extrêmement précaire qui peut être rompu à tout moment. Le clivage s’est fait extrêmement net, plus net que jamais entre peuples développés et peuples non développés. L’abyme à l’heure actuelle ne fait que s’élargir. Il est plus que jamais abyme. Je ne crois pas du tout que l’égoïsme des pays développés, l’égoïsme européen soit en régression. Je ne crois pas du tout. Je dois même dire que parfois pour ce qui est du racisme j’ai presque – je vais faire une confession – j’ai presque l’impression encore que… c’est même une certitude voyons! Des gens de mon âge, je ne crois pas que je recevrais beaucoup de démentis; contrairement à ce que l’on croit, contrairement à ce que les gens qui croient que c’est la raison qui mène le monde et que le monde est en progrès et bien ne je crois pas du tout que le racisme soit en régression. Dans ce qui est ma vie qui est quand même relativement longue déjà, et bien je peux dire que j’ai assisté à des progrès foudroyants du racisme. Donc on est beaucoup plus raciste à l’heure actuelle je n’hésite pas à le dire et dans toutes les couches de la population européenne et française puisque j’y suis qu’en en 1939. J’en suis absolument sûr… Je ne crois pas me tromper, je ne crois pas du tout.

Parce qu’aujourd’hui on est averti et autrefois on pouvait avoir l’excuse de l’ignorance.

Peut-être, oui.

Mais à l’heure actuelle je suis très frappé par les progrès extraordinaires du racisme. Non, c’est dire par conséquence, que je ne considère pas du tout que je vis une époque bénie. Alors, qu’est-ce que je voudrais faire? Qu’est-ce que nous devrions faire? Moi, je crois que ce que nous devons faire c’est travailler. Voilà. C’est s’accrocher. Et c’est préparer nos peuples qui ont été précipités dans une évolution tourbillonnante. Mais ces peuples étaient des peuples enfantins. C’étaient des peuples très peu armés. Eh bien, je voudrais finir par là. Je crois il faut, il faut que nous travaillons à les former, à les armer davantage, à les aguerrir davantage pour que précisément ils subissent moins et qu’ils transforment l’événement en décision et le destin en histoire.

Alors une après-dernière question. Un mot ultime. Tu crois qu’il reste encore à pousser ce grand cri nègre?

Je crois qu’il est plus urgent que jamais de pousser ce grand cri nègre. Et c’est pourquoi je crois que ces questions sont fausses. Tu ne m’as rien dit de la négritude, je t’en remercie parce que vraiment c’est une casserole. Mais je crois que c’est plus indispensable que jamais. Les formes peuvent changer, c’est sûr, mais ce grand cri nègre il faut le repousser.
 

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