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08.08.2009

EKAMBI BRILLANT 

AVEC PRES DE 40 ANS DE CARRIERE, EKAMBI BRILLANT EST UNE VEDETTE INCONTESTEE DE LA MUSIQUE CAMEROUNAISE ET AFRICAINE. IL Y A QUELQUES SEMAINES, IL A BIEN VOULU REVENIR SUR SON PARCOURS. C’ETAIT AU COURS DE L’EMISSION ENTRETIEN DE THIERRY NGOGANG AVEC…QUI EST DIFFUSEE TOUS LES JEUDIS A 22 HEURES SUR STV2.

Pourquoi vous appelle t- on Ekambi Brillant ?

C’est mon prénom et mon père s’appelait Ekambi Brillant, moi, je m’appelle Ekambi Ekambi Louis Brillant.

Quel âge avez-vous parce qu’il existe une polémique à ce sujet ?

Je viens de fêter mes soixante et un ans.

Racontez-nous votre enfance.

Je suis né d’un père originaire de Dibombari et ma mère est de Djébalè .Quand ma mère m’a mis au monde, elle était très jeune et très tôt, j’ai rejoint mes grands parents à Djebalè. C’est une île mystique qui a la plus grande force mystique de l’eau dans tout le Littoral, ce qui m’a permis de voir beaucoup de choses : comment on prépare la marmite du Ngondo, les courses de pirogues, les « Mammi Wata », tout cela étant petit.

Vous êtes issu d’une famille de pêcheurs ?

Non, c’est ma mère qui était issue d’une famille de pêcheurs. Mon père lui, était un grand commerçant. Un homme très riche. Dans notre famille on mangeait bien sans aucune difficulté, mes parents voyageaient de temps en temps pour la France …donc, je n’ai pas été surpris par l’argent. Mon père avait des cars de transport où il avait inscrit « Ekambi Brillant de luxe ». C’était un homme assez vaniteux.

Avez-vous hérité cette attitude ?

Je pense que c’est génétique !

Est-ce qu’il y avait dans votre famille des gens qui s’intéressaient à la musique ?

Non, personne et peut être que si mon père avait vécu plus longtemps, je n’aurais pas été musicien. Mon père est décédé en 1962, je venais d’arriver au lycée Leclerc. Mais ma passion pour la musique commence à Djebalè où je vivais avec mes grands parents. C’est une région qui à l’époque a beaucoup d’ambiance. Quand les piroguiers rentraient de la mer, ils chantaient. Donc, on peut dire la musique me vient de mon coté maternel.

En 1962, deux ans après l’indépendance du Cameroun, vous avez réussi le concours d’entrée en sixième. Vous avez été admis au lycée Leclerc, mais personne dans votre famille ne croyait cela possible, pourquoi ?

Mon père était un monsieur bizarre en ce sens qu’ il était très rigoureux : il nous a donné une éducation droite comme des piquets. Il ne me voyait pas m’intéresser à l’école, donc il ne pensait pas que je réussirai à ce concours. Cependant, au lycée, j’étais très souvent premier, pourtant mon père ne pensait pas que j’irais dans cet établissement prestigieux où, à l’époque, la plupart des enseignants étaient des Européens, il n’y avait aucun Noir.

Il y en avait au moins un, Samuel Eboua.

Il est arrivé après moi. Lui, il était professeur de géographie. Je me souviens qu’il était tellement mince que tout le monde l’avait surnommé « gringo », il était vraiment sévère et ne souriait jamais. Plus tard, il est devenu censeur. Il a été le premier Noir du lycée Leclerc.

Quel type d’élève étiez-vous ?

J’étais particulièrement indiscipliné. Il y avait un brassage de tout le monde .On y organisait des matchs de football, on jouait à la guitare. On avait un professeur de musique qu’on appelait Zann Daniel la musique était obligatoire au lycée. C’est lui, qui nous a appris à lire le solfège et à jouer de la musique. Moi, j’étais plus attiré par les cours de musique car tout petit, ma grand-mère me berçait tout en chantant et j’ai tété les seins de cette vieille dame jusqu’à l’age de sept ans.

Quel type d’instrument jouez-vous à l’époque ?

J’apprends à jouer de la guitare !

Est-ce cela qui a contribué à vous désintéresser des études ?

Ah non, pas du tout ! Il fallait avoir des résultats. Je fréquente normalement jusqu’en classe de seconde.

Vous arrivez en seconde en 1971, vous avez 23 ans. C’est un peu vieux non ? Combien de classes avez-vous redoublé

Non, je n’ai pas redoublé de classe. Vous savez, à l’époque, on n’allait pas à l’école très tôt. J’ai commencé l’école à l’âge de sept ou huit ans.

Vous arrivez à Douala en 1971 et là, tout bascule: vous décidez de ne pas rentrer au lycée Leclerc, que s’est il passé ?

Il se trouve que je viens à Douala pour les vacances et j’ai un ami qui m’entraîne pour la première fois dans une boite de nuit, son frère était chef d’orchestre bassiste au Domino, il s’appelait Edjanguè, « Bobo » de son nom d’artiste. J’’étais émerveillé, car ce fut la première fois que je voyais les lumières rouges et les femmes toutes belles. C’était une boite cosmopolite ; il y avait des blancs et des belles filles…

Aimiez-vous déjà les femmes à cette époque ?

Non ! Lorsque je suis arrivé, on m’a servi un coca et je me suis rendu compte que dans cet orchestre, il manquait un guitariste. Mon ami est allé voir le chef d’orchestre pour lui dire que je savais jouer de la guitare. Voilà comment j’entre dans cet orchestre. J’ai donc par la suite préféré rester et faire les cours du soir, qui étaient très à la mode à l’époque.

Quelles chansons interprétiez-vous ?

On jouait le tango, la musette. On jouait même de la musique anglo-saxonne (les Beattles, le rythm and blues) et c’est cela qui est à l’origine de ma culture musicale.

La famille, comment elle apprécié?

Ça va très mal, car mes grands frères sont dans de grandes écoles d’ingénieurs en Europe. Donc, la famille commence à bouder; ce qui fait qu’il y avait beaucoup de problèmes mais, moi j’ai continué parce que j’aimais la musique.

Est-ce à dire que vous êtes devenu la honte de la famille ?

Oui, un peu ! Enfin, c’est ce qu’ils disaient. Moi je leur répétais que je serai une superstar et qu’on pourra uniquement les identifier par rapport à moi. J’étais très déterminé, je jouais dans un groupe qui s’appelait les « Clarts ». On était très sollicités dans les grands bals scolaires, on est même partis jusqu’à l’Ecole normale supérieure à Yaoundé et c’est à ce moment que j’ai introduit le makossa dans les cabarets et dans les boîtes de nuit, parce qu’avant le Makossa était essentiellement joué dans les bars. Donc, c’est moi qui ai introduit le makossa dans les cabarets et les boîtes de nuit.

Qu’est ce qui vous pousse à vous présenter au concours des jeunes espoirs de la musique africaine lancé par l’Ortf, devenu Rfi aujourd’hui ?

Ils sont arrivés au Cameroun au début des années 70, ils ont lancé ce concours. On a été présélectionné puis sélectionné, on a joué lors d’un show au collège de la Salle, c’était en duplex de Paris. Le jury, les majors étaient à Paris; parmi eux, il y avait aussi Manu Dibango et Francis Bebey.
Il paraît qu’à cette époque, vous n’aimiez pas votre voix !
En fait, je ne voulais même pas chanter dans l’orchestre. C’est juste que notre batteur, un type plutôt bizarre, ne voulait pas chanter tout le temps. Alors, le chef d’orchestre m’a dit que je pouvais chanter, mais j’avais honte, car ma voix était rauque.

Avez-vous remporté ce concours là ?

Oui !

Qu’est ce que cela a apporté dans votre carrière ?

Cela a apporté une autre vision: je me suis dit que je suis sur le bon chemin. Pour le concours, ils m’ont dit qu’ils ne me donneraient pas d’argent, mais qu’ils allaient me permettre de sortir mon premier 45 tours .Quand mon disque est arrivé à Douala, on a commencé à jouer le disque dans les radios. Par la suite, avec l’aide de mes amis, on a organisé le premier concert au Centre culturel français à Douala, car avant, les Africains n’organisaient pas de concerts. Il y avait tellement de jeunes qu’on a fait trois séances en une journée. Il faut dire que le disque, c’était Jonguèlè la Ndolo, avec 20.000 disques vendus.

Avez-vous gagné de l’argent pour ce disque ?

Non, pas grand-chose: je ne devais toucher, que 2,5 %. Mais plus tard, je suis allé voir le directeur du cinéma le Wouri qui était un français, pour y organiser un concert. Il voulait que je lui donne de l’argent, car la location de la salle coûtait 45.000 f; or, je n’avais pas de sous. Alors, je lui ai proposé que l’on organise le concert parce que je me sentais capable de faire le plein de la salle. Je lui ai demandé de mettre un caissier qui prendra de l’argent pour qu’il puisse récupérer ses 45.000 F. Le reste devait me revenir. J’ai donc fait mon show, une foule phénoménale était présente et je m’en suis sorti avec environ 800.000 F.

Tout marche donc bien pour vous !

Oui, seulement, c’était la scission avec les Clarts, notre groupe; car je souhaitais qu’avec l’argent qu’on gagnait en cabaret (soit environ 45.000 F, ce qui était énorme) on économise pour aller en France pour entrer au conservatoire, afin d’avoir une carrière comme celle des Beatles. Mais, ils n’étaient pas d’accord trouvant qu’ils vivaient bien ici.

Le 07 janvier 1972 vous vous rendez à Paris. Par quel moyen avez-vous pu voyager ?

J’avais déjà une petite notoriété, alors je suis allé à Yaoundé me faire établir un passeport. J’ai vu une de mes cousines qui était la femme du secrétaire de M. Pondi, qui était le patron de la Sûreté Nationale et le Monsieur m’a fait établir mon passeport. Quand on avait le passeport, c’était facile de partir, car à ce moment, il n’y avait pas de visa à prendre. J’étais bien préparé, j’avais assez économisé.

Chez qui vouliez-vous aller ?

J’avais mon frère aîné qui finissait ses études d’ingénieur des mines et de pétrole. Alors, j’explique à mon frère que je viens pour faire de la musique, mais il n’est pas d’accord, car selon lui, les musiques africaines ne marchent pas en France ! Moi, obstiné, je lui dis que j’essayerai quand même. Lui, il essaie de me convaincre de retourner à l’école pour faire l’université et je m’oppose. A ce moment, il n’était plus question que j’habite chez lui. Je suis donc parti. Je vais rester chez mes amis, notamment Pierre Kondo qui était bien installé: son père lui avait acheté un studio et il lui envoyait de l’argent tous les mois.

Qu’avez-vous fait ensuite ?

Je suis arrivé et j’ai cherché Jean Dikoto Mandengué. J’’avais déjà écouté ses œuvres avec celles d’Eboa Lotin mais je ne le connaissais pas. Je suis allé chez lui pour la première fois, il était en tournée avec Claude François. Ce n’est que la deuxième fois que je l’ai trouvé. J’étais très ému, il m’a dit qu’il avait entendu parler de moi et avait aussi mon 45 tours. Je lui ai expliqué que je voulais me faire produire. Il m’a donc donné plusieurs adresses et j’ai commencé à marcher à Paris en plein hiver pour chercher des producteurs. Je suis ainsi allé chez Phonogram. Ils ont appelé Dikoto pour parler avec lui. Ils ont décidé qu’ils allaient me produire mais Dikoto allait s’occuper des arrangements et des enregistrements. C’était des grands studios. J’y avais souvent rencontré des artistes comme Dalida. Ce qui abouti à la sortie de mon second 45 tours.

Combien d’exemplaires avez-vous vendus ,cette fois ?

Je pense environ 25.000. Pendant que j’étais donc à Paris, il y eut en 1973 le premier festival de la chanson camerounaise. L’un des meilleurs festivals que le Cameroun ait connus …On a eu un grand manager pour ce festival : Rudolf Moukoko James, qui a réuni les douze meilleurs musiciens camerounais: Manu Dibango, Francis Bebey, Georges Anderson, Nelle Eyoum, Afro style, Messi Martin, Jean Bikoko, Anne Marie Nzié, etc. Il y a donc eu une soirée de gala au cinéma le Wouri et le lendemain, un show au stade omnisport. Je suis revenu à cet effet au Cameroun, j’ai rencontré des jeunes Camerounais qui étaient à Ndjaména : les Black Sound avec qui on a commencé à répéter au Nice Spot, qui appartenait à leur manager M.Epoh. J’y ai rencontré une jeune dame qui chantait bien. Par la suite, je lui ai dit de me faire les chœurs. Cette femme, c’était Marthe Zambo. C’est moi qui l’ai mise sur la scène. On donc fait ce super show au Cinéma le Wouri, puis au stade…

Vous, vous avez joué à 5 h du matin pourquoi ?

C’était la programmation. Mais j’ai fait un tabac, et personne n’a bougé, toute la foule était encore présente !

Comment avez-vous rencontré Slim Pezin ?

Quand j’ai fait mon spectacle au Wouri, dès que j’ai fini sur scène, j’ai été assailli en coulisse par les gens : Slim, et le directeur artistique. Slim m’a demandé qui j’étais et il a manifesté le désir de travailler avec moi. A cette époque, il était guitariste et il n’avait encore produit personne. Il est parti et moi je suis encore resté au Cameroun faire des spectacles. A mon retour, il m’a contacté. Je lui ai dit que j’étais encore sous contrat avec Phonogram. Il a dit qu’il m’enverrait un bon avocat. Reparti en Europe, on a rompu le contrat avec Phonogram et j’ai travaillé avec Slim.

Avec Slim, vous sortez votre premier album Africa Umba. 10 chansons et on se rappelle encore votre célèbre titre Elongui

Cette chanson a été reprise par Demis Roussos, Manu Dibango, etc. J’y ai touché des droits mécaniques et des droits d’auteurs. J’ai vendu quatre millions d’albums !

Il faut aussi dire que vous avez eu deux disques de platine !

Et j’ajouterai que cet album a été numéro un dans toute l’Afrique de l’Est, jusqu’en Afrique du Sud.

Vous avez eu beaucoup de succès, vous êtes devenu riche, est ce que votre famille était finalement fière de vous ?

Généralement, je ne fais pas les choses par rapport à ma famille. Je travaille par rapport à ma vision. Je suis arrivé au Cameroun plus tard avec mon orchestre au grand complet. On a fait un spectacle avec trois mille personnes .Lorsque j’arrive, il faut dire que je prends aussi la gérance d’une boite de nuit qu’on appelle le Castel. On est dans les années 1976. J’ai trouvé que les choses marchaient bien ici,alors je suis resté. J’ai vu cet endroit et la femme blanche qui avait cette boite voulait partir, elle me l’a donc vendue et j’ai repris les affaires…

Combien de temps cela a duré ?

Peut-être huit mois: les impôts commençaient à me casser la tête et il faut dire que moi, je n’étais pas musicien de cabaret, je faisais des tournées. Alors, un jour, j’ai pris mes gars et nous sommes partis. Mais c’était superbe !

Vous voulez nous dire que vous avez tout abandonné , après avoir investi ?

Oui, moi, lorsque quelque chose m’agace, j’abandonne !
Vous sortez l’album Soul castel…
Oui, c’est un album qui marche bien et qui passe sur Europe, j’étais le premier africain. C’était toujours avec Slim Pezin, qui prend les rênes et devient mon producteur.

Est ce qu’il vous a arnaqué ?

Non, je ne peux pas dire cela; c’est un type bien qui me faisait vivre de la meilleure des manières. C’est juste que c’est quelqu’un de possessi.f Quand les choses marchaient bien, il ne voulait plus me lâcher, mais moi j’avais une autre vision !

De quelle vision parlez-vous ?

Moi, je voulais créer une maison de disques. Je revenais d’une tournée au Bénin, j’ai fait monter en France les gens Comme Lobé Valery et Aladji Touré, qui étaient des artistes qui jouaient au Castel. J’ai créé un orchestre qu’on appelait les Ebis (Ekambi Brillant Show) et tous sont venus en France.

Vous parliez tantôt du Bénin…

J’y suis allé en tournée et j’y ai rencontré une fille qui chantait bien; elle faisait de la salsa. Je lui ai dit que si j’ai les moyens, je vais la produire.

S’agissait-il de Cella Stella ?

Oui . J’ai parlé d’elle à Slim et il a dit : « Pourvu que tu composes des chansons pour elle » .Elle est donc venue à Paris, elle ne connaissait pas un seul mot de duala, elle était née en Côte d’ivoire et avait vécu au Bénin, j’ai dû lui apprendre à chanter en duala.

Mais vous avez fait mieux que lui apprendre, vous lui avez fait un enfant.

J’avais créé ma propre maison de disques Djengou à Neuilly sur Seine. J’avais un contrat de cinq ans avec Slim. Quand le contrat est fini Slim voulait qu’on le renouvelle et j’ai refusé. J’ai donc, par ce label, produit Cella Stella et son disque a superbement bien marché. Elle était très belle et chantait également très bien ! Vous, à ma place, qu’auriez vous fait ?

Pourquoi ne vous êtes vous pas marié avec elle ?
Ecoutez, on ne peut pas épouser toutes les femmes que l’on rencontre et avec lesquelles on fait des enfants…

Vous avez un Troisième album qui est sorti en 1977, toujours avec Slim. On se souvient du titre « Musunguédi »

Il ne faut pas oublier que j’ai composé une chanson au titre de Camair. C’était en 1971, car le rêve de tous les jeunes, c’était d’arriver en France.

Doit-on dire que cette chanson vous a procuré des avantages: avez-vous souvent voyagé sans payer ?

Quand j’ai écrit la chanson à l’époque, le Pdg de la Camair, c’était Samuel Eboua. Après, il y a eu le Pdg NJanga Koulè. Mais, la personne qui m’a beaucoup aidé, qui a reconnu ce talent, cette publicité, c’était Ahmadou Bello.

Vous sortez l’album Révérend avec le titre « Muna Mouto »…

Une chanson qui a été reprise par Bebey Manga et qui, bientôt, sera reprise en version anglaise par la maison d’édition de Phil Collins dans quelque temps et pour cela j’irai bientôt à Londres.

En 1987, sixième album, Musiki too hot. Mais après une absence de quatre ans, vous sortez un septième album, Reason en1991. Qu’-est-ce qui justifie cette absence ?

J’avais des problèmes. J’avais beaucoup donné aux Africains et aux Camerounais.Je fais un métier où les gens sont trop ingrats .J’ai pris des musiciens camerounais avec lesquels on a fait le tour du monde .Quand je suis arrivé en France, je travaillais uniquement avec les Blancs, les grands requins des studios qui travaillaient avec des artistes comme Johnny Hallyday mais par la suite, des Camerounais sont venus me voir, des gens comme Aladji Touré, Ebeny Donald Wesley.Ils sont venus me voir en disant qu’ils sont fatigués de vivre en France sans boulot, il faut que je les fasse jouer. C’est ainsi que j’ai abandonné les gars avec lesquels mon travail marchait, pour que les Camerounais m’accompagnent. C’est comme cela que mes problèmes ont commencé. Les musiciens ne venaient plus à l’heure, tout ce qu’il y avait comme problèmes internes, les gens étaient au courant etc. Quand on arrivait pour un concert au Cameroun, je leur disais: comme on va au pays, chacun va trouver un endroit où habiter mais ils disaient qu’ils ne connaissaient plus personne. Alors, je leur louais des chambres d’hôtel, pour que, finalement, ils laissent leurs chambres d’hôtel vides pour aller dormir au quartier avec les filles. Donc, à cause de telles choses j’ai perdu vraiment beaucoup d’argent. Quand on organisait un concert, on faisait le plein de la salle; je mettais mes frères à la porte, pour que, le moment venu je ne voie pas de recette.

Est-ce que les autorités camerounaises vous ont aidé pendant vos difficultés ?

Non, je n’ai jamais reçu un seul centime depuis que le ministère de la culture existe au Cameroun.

Peut être parce que vous n’avez jamais demandé?

J’ai demandé à plusieurs reprises, mais je n’ai jamais rien reçu .La dernière fois que j’ai demandé, je devais recevoir ma médaille accordée par le président de la République. Jai écrit au ministère de la culture afin qu’il m’aide à organiser quelque chose mais ils n’ont pas répondu. En 2007, j’ai organisé une grande exposition, je n’ai aussi rien eu.

A votre époque, dans les années 1970-1980, comment se portait la musique Camerounaise ?

Elle se portait très bien .Mais quand on perd de l’argent, cela ne revient pas .J’étais très ambitieux, je voulais être faire,comme des gens tels Johnny Hallyday, Claude François ou Michael Jackson. Pendant ce temps tous les efforts que je faisais personne ne les voyait, les musiciens passaient, plutôt leur temps à me saboter.

Pendant de temps, comment se porte votre vie sentimentale ? Racontez nous comment vous avez été humilié quand vous versiez la dot de votre fiancée, il parait son père vous a remis la dot une semaine plus tard...

Oui, c’est cela le propre des grands hommes. Ce n’est pas que le succès, mais il faut des échecs aussi. Cela faisait partie de mes premières amours. Les parents nous avaient surpris et nous ont obligé à venir là-bas avec mes parents et, une semaine après, le père de la fille m’a appelé pour me dire qu’il ne pouvait accepter que sa fille fasse sa vie avec un pauvre musicien. Mais quelques années après, j’étais très bien installé. Le Monsieur est arrivé en France et sa fille m’a appelé pour me dire que ses parents voulaient me revoir. Alors quand je suis arrivé, il me donne la main de sa fille et, à mon tour, je lui ai répondu que je ne peux pas demeurer avec une pauvre fille, car cette dernière était infirmière en France et moi une superstar avec beaucoup d’argent.

Vous êtes vous marié plus tard avec une autre ?

Oui, je me suis marié dans ma vie plusieurs fois !

Mais qu’est ce qui n’a pas marché ?

Le mariage c’est une compréhension. Donc il faut d’abord que votre partenaire vous aime tel que vous êtes. Je suis à présent marié et la chance que j’ai, c’est qu’on commence à me comprendre. Quand une femme épouse par exemple un homme politique, ou un homme d’affaires elle devrait comprendre que celui-ci ne rentrera pas manger le soir avec elle parce qu’il peut être à un meeting ou à un rendez -vous d’affaires.

Une chaîne de télévision européenne s’est intéressée à vous, paraît-il ?

Oui, c’est une chaîne de télévision allemande qui a fait un grand reportage sur moi. Ils m’ont filmé en Studio, à la maison.

Ekambi brillant ,vous êtes une grande star de la musique. Beaucoup d’artistes ont repris vos titres, vous avez eu des droits d’auteur, qu’avez-vous fait de l’argent que vous avez gagné ?

J’ai tout réinvesti dans la musique.

Mais vous auriez pu investir dans autre chose.

C’est quelqu’un qui disait dernièrement, je ne suis pas homme d’affaires mais musicien. Donc, ne demandez pas à un artiste d’investir dans un autre domaine que celui qu’il maîtrise le mieux.

Pourquoi, à une certaine période, vous êtes allé vous installer aux Etats-Unis ?

Certains grands chanteurs américains m’ont beaucoup fait rêver, surtout les Noirs américains. Alors, j’ai dit je ne peux pas finir ma carrière sans aller en Amérique. Alors j’ai tout plaqué à Paris et tout vendu pour aller en Amérique.

Est il vrai qu’a votre arrivée vous travaillé dans une société de gardiennage ?

C’est complètement faux ! Je n’ai jamais travaillé dans ma vie. J’ai toujours fait de la musique, aucun autre travail ! Vous savez les gens racontent beaucoup de choses; d’autres ont même dit qu’ils m’avaient vu servir dans un Mac Donald.

De quoi viviez-vous alors ?

M. Ngogang, j’avais laissé de grandes rentrées de droit d’auteur à Paris. La Sacem payait tous les trois mois, deux fois les droits mécaniques et deux fois les droits d’auteur…Ce n’est pas comme les sociétés de droit d’auteur au Cameroun qui tuent les artistes.

Qu’avez appris là-bas ?

Quand je suis arrivé, je suis d’abord parti à l’école pour apprendre l’anglais. Je partais de 09 h à 17 h pour parler et écrire anglais. Ensuite, j’ai rencontré Vincent Nguini et on a crée Les Maloko Boys. On a commencé à faire des tournées aux Usa. Plus tard, on s’est séparé. Vincent a eu un contrat avec Paul Simon et moi je suis parti à Los Angeles dans une école de cinéma.

Vouliez-vous à ce moment être acteur ?

Pourquoi pas ? Je voulais explorer ce domaine, c’était de la curiosité mais je n’ai pas fini ces études. Et peu après je suis entré dans une école d’harmonie pour parfaire ma musique. Plus tard je viens au Cameroun et je me rends compte qu’une chaîne de télé nationale avait été crée mais il manquait des émissions, alors j’ai crée Super Ekambi Brillant Show. C’était un mensuel. La première émission était bonne, cependant j’ai eu pas mal de problèmes car j’ai compris que c’était une chaîne à intrigues, la Crtv. Ils me faisaient chier, alors je suis parti ! Je suis reparti aux USA j’ai sorti la version anglaise de Musoloki, avec une choriste de Michael Jackson.

Qu’est ce qui a éveillé en vous le désir de rentrer au Cameroun définitivement ?

C’est ma maman, je trouvais qu’elle était déjà très vieille, et comme je n’ai pas beaucoup profité de son amour, j’ai donc dit qu’il est grand temps que je revienne. De cette manière, ,j’ai dit à ma femme qui est américaine qu’on rentre et elle a dit qu’elle ne pouvait pas rentrer, car il y a beaucoup de maladies ici etc. Alors j’ai préféré qu’on se sépare.

Quand vous revenez entre 2000 et 2004 vous sortez plusieurs albums produits par les éditions Septocam.

Non, plutôt un seul et puis j’ai fait un medley.

Parlant de la célébration de vos 36 ans de carrière, vous décidez de faire une exposition : des shows, des costumes de scènes

En 2007 ,quand j’ai eu l’idée de faire cette exposition, beaucoup de gens ont pensé que nous sommes en Afrique, ça ne marchera pas ! Mais, je me suis entêté et certaines personnes m’ont encouragé moralement, comme le délégué du gouvernement de Yaoundé, Tsimi Evouna, qui a inauguré cette exposition qui s’est tenue à l’hôtel Hilton. J’ai toujours gardé mes tenues de scènes car mon but, c’est d’avoir un musée et je pense que même quand je ne serai plus là cela va profiter. Je veux que les gens sachent que derrière un artiste, il y a une histoire, une légende.

On à recueilli quelques impressions des gens dans la rue pour savoir ce que le commun des Camerounais pensent de vous. Qu’est-ce que ces témoignages vous font ?

Je pense que certains ont peut être raison en disant que je ne suis plus d’actualité. Mais, je vais dire aux Camerounais que la musique est un domaine où il n’y a pas de retraite. S’il devait m’arriver quelque chose, mon souhait est de mourir un jour sur scène car, je pense que je donne encore et j’ai longtemps donné au monde le meilleur de ce que je pouvais avoir .D’ailleurs, un jour je m’en irai peut être en chantant mon titre Elongui avec les anges.

Entretien mené par
Thierry Ngogang
 

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