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03.06.2007

Spectacle : Concert anniversaire d´Universal de Sylvain Nkom 


















Pour ses 17 ans, la maison de production Universal a réuni Henri Dikongué, Etienne Mbappé, Ben Decca, Stéphane Dayas sur la même scène.

Marion Obam
Mutations

Ceux qui connaissent Sylvain Nkom, Pdg d’Universal production spécialisé dans le son, n’ont pas été surpris de la démarche singulière qu’a adopté ce chirurgien dentiste de profession pour célébrer le 17ème anniversaire de sa structure. Aucune campagne publicitaire particulière, pas de spots télé ni radio, encore moins d’annonces presse. Juste le bouche à oreille, des invitations et une banderole à l’entrée du cinéma le Wouri, qui informait le public que Universal production organisait jeudi, 28 juin 2007, un spectacle baptisé "Universal fiesta" à l’occasion de son 17ème anniversaire. Pour les besoins de la cause, un casting impressionnant : Henri Dikonguè, Etienne Mbappè, Ben Decca, Stéphane Dayas, Richard Epéssè, Valérie Lobé et Yves Ndjock. L’orchestration de cette soirée retransmisse en direct sur la chaîne de télévision Canal 2 International a été confiée au bien connu Pascal Pierre.

C’est donc celui que les Camerounais ont découvert et apprécié dans le programme "Tube Vision" diffusé sur la Crtv dans les années 90, qui, à 21h, dans l’une des allées du cinéma le Wouri, déclenche la déferlante musicale qui allait permettre aux spectateurs de vivre une soirée mémorable. Sur un fond de scène décoré avec des contre-plaqués avec des tons chaleureux qui ont donné un air de fête à la scène sur laquelle, en première partie baptisée séquence musique jumelle, les meilleures voix de cabarets et de jeunes artistes au gros potentiel ont presté. Elimbi dans un makossa à l’ancienne, Flavie Nono dans une gestion de souffle impressionnante. Danielle Eog et Blick Bassie ont également conquis, avec un style iconoclaste et très coloré. Papa Zoé, dans une interprétation juste, a rendu un hommage à Eboa Lotin, qui est par ailleurs le premier artiste que Universal Production a eu en spectacle.

La température est montrée d’un cran quand le crooner Ben Decca fait son entrée avec un costume blanc, rehaussé par une chemise à pois. La voix n’a pas pris une seule ride. Avec son regard perçant, son roulement de tête singulier et son claquement de doigt, comme s’il cherchait toujours à donner la note juste, Ben Decca a gratifié le public d’un bon moment. Avec ses titres compilés, savamment soutenus à la batterie par Valérie Lobé. Richard Epéssè, dans un jeu de basse empreint d’une maturité, a proposé trois titres où Ndomè a rapidement été adopté par les spectateurs.

Les agents de sécurité ont dû intervenir pour que la scène ne soit pas envahie lors du passage dynamique de Stéphane Dayas du groupe Esa, surtout lorsqu’il a interprété son tube "Eyayé". Etienne Mbappé avec ses mains gantées de noir a invité le public à écouter la conversation intime qu’il a eue avec sa basse sur l’album Misseya. Le public de Douala, réputé difficile, a, parfois à la demande de Pascal Pierre ou de façon spontanée, applaudit à tout rompre et même réservé une standing ovation à Sylvain Nkom. Ceux qui ont commencé à regarder "Universal fiesta" à la maison ont pu rattraper le passage de Henri Dikongué peu après minuit au cinéma le Wouri. Assis au fond de la salle, Sylvain Nkom semblait ému. D’autant plus que, après avoir revisité "Bulu" et "C’est la vie" avec le public, Henri Dikonguè a invité Etienne Mbappè, Richard Epéssè, Valérie Lobé, Yves Ndjock, Ben Decca, Stéphane Dayas à l’accompagner pour la fin du spectacle.

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Henri Dikonguè : J’aborde la douzième année de ma carrière
L’artiste parle de ses projets et de son implication dans le film de Joséphine Ndagnou.
Propos recueillis par Marion Obam
Mutations

http://www.quotidienmutations.info/mutations/images/henri_dikongue.gif
" align="left" border="1" />Est-ce parce que le Pdg de Universal Productions a cru en vous alors que personne ne vous connaissait que vous avez fait le déplacement pour la célébration du 17 anniversaire de cette maison de production ?
Je suis simplement fidèle. J’avais le devoir de venir prester pour le spectacle anniversaire du 28 juin 2007 de Universal Productions d’abord parce que Sylvain Nkom, son Pdg, a été le premier à organiser mon concert au Cameroun alors que je venais à peine de mettre mon premier album sur le marché. Ensuite, parce que c’était un gros projet. J’avais de la peine à croire que Sylvain Nkom pouvait le réaliser et que je pouvais, dans mon pays, être avec des grands artistes et musiciens camerounais et même des idoles avec lesquels j’ai toujours rêvé de jouer en concert, comme Valérie Lobé et Ben Decca. Il faut aussi apporter sa pierre à la construction d’une culture camerounaise forte.

Pourquoi cette insuffisance de promotion de votre part, alors que vous avez présenté il y a près de deux ans votre album au Camerounais ?
C’est d’abord dû au respect de mon calendrier. Parce que, pendant que je fais un album, j’ai déjà d’autres programmes qui sont élaborés. J’aborde la douzième année de ma carrière. Les gens pensent que je suis heureux de ne pas être régulièrement au Cameroun, mais ce n’est pas vrai. Mon travail est planifié à l’année, actuellement je finis les tournées arrêtées en 2006 pour le compte de 2007 et l’année 2008 est déjà surchargée. Je sais que je suis défaillant pour la promotion à travers les clips. Mais je suis rigoureux quand je veux faire quelque chose. Les thèmes que j’utilise dans les chansons ne plaisent pas à tous. J’aimerais que ce soit réalisé de la façon dont je fais ma musique. Cela nécessite beaucoup de financements et du temps. Les images c’est bien beau, cependant il faut qu’elles parlent, qu’elles racontent la vraie histoire, et ce n’est pas évident du tout. J’ai, par exemple, eu des problèmes pour le clip de "C’est la vie". Je n’évoque même pas "Né sous X".

Vous n’êtes plus également très présent sur les médias…
C’est vrai que chaque fois que je change de continent où que je suis amené à aller prospecter pour mes chansons et ma carrière, les gens pensent que je n’existe pas. Je travaille pourtant beaucoup. Par exemple, j’étais à Londres avec Myriam Makéba pour la fête de l’esclavage ; et c’est du Cameroun que les gens m’appelaient pour me dire qu’ils sont en train de me voir en direct sur la Bbc. Actuellement j’ai été sollicité par des jeunes Camerounais et leurs parents qui vivent en Allemagne et en Autriche, et qui ont créé une grosse organisation à l’aide à l’Afrique financée par les Allemands, la Gtm association, pour que j’en sois le parrain. Cette association a un double objectif : défendre la culture et le développement et, surtout, former de jeunes ingénieurs dans les domaines de l’énergie solaire, de l’architecture, etc. Parallèlement, je prépare le cinquième album. Cet album aura du moi, mais aussi un peu des autres car je reçois de plus en plus de chansons, ainsi que des poèmes que les gens m’offrent et voudraient me voir mettre en musique. Je fais le tri et après je pourrais engager le travail de fond.

Certaines informations font état de ce que vous êtes l’auteur des musiques du film "Paris à tout prix" de Joséphine Ndagnou. Qu’en est-il ?
C’est vrai. Je devais, en fait, avoir une double participation dans ce projet. Mais vu le temps et les objectifs fixés par la jeune réalisatrice Joséphine Ndagnou, nous avons préféré, avec ses partenaires, écouter toutes les musiques que j’avais préparées afin d’en choisir quelques-unes. Ils en ont choisi trois, qui vont être les musiques de ce film. J’ai défendu le projet auprès de mes producteurs et éditeurs pour obtenir l’autorisation d’utiliser ces chansons pour le film. Ce sera une très belle histoire. En plus, c’est une battante car c’est un énorme challenge de faire un film tourné au Cameroun avec la musique camerounaise et une réalisatrice camerounaise.
 

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