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26.12.2007

Tom Yom’s est mort 

Avec sa silhouette ronde et joviale, Tom Yom’s respirait la bonhomie. Sous son calme apparent se cachaient une volonté redoutable et une détermination de tous les instants.

C’était un soir froid de Noël. Une nuit du 24 décembre où les guirlandes illuminent les rues tandis que les enfants se calfeutrent attendant que le père Noël descende, chargé de ses trésors. Le mythe a la vie dure, et le quotidien des hommes livre toujours des surprises au bout du compte, déchire parfois en mille morceaux les espoirs les plus sains. Comme ce matin de Noël : tandis que les enfants s’émerveillent, avec un étonnement feint, devant les cadeaux qu’ils avaient commandés, Dinaly et les siens recevaient la bombe qui fera exploser leur univers. Mais les rêves n’explosent pas tant qu’il y aura la vie des hommes. Et si la vie n’est rien, rien ne vaut la vie. Celle de Thomas André Eyoum que l’on appelait Tom Yom’s, lui cet “ Américain de Dibombari ” pétri par la culture des vagues et des mythes du Wouri, savait qu’il fallait dans la vie cogner fort pour avancer, s’arrimer à quelque chose, définir un projet, forger sa propre histoire dans l’histoire d’une Nation, bâtir au fil du temps l’œuvre qui vous permet d’accomplir un destin, une mission. Il savait y faire, Thomas : déjouer le destin. Tordre les aléas de la vie, surfer sur les incertitudes. Quand on le croyait fini comme chanteur, il rebondissait ailleurs - toujours dans la musique et pour la musique- pour se révéler entrepreneur, initiateur. Il y avait dans son tempérament ce quelque chose de fragile et de fort qui est la marque des faiseurs de l’Histoire. Il appartenait à la catégorie des opérateurs, ces initiateurs qui savent d’instinct qu’ils ne peuvent avancer qu’avec les autres. Il a construit toute sa carrière d’artiste comme un capitaine de l’industrie de la musique. Avec une volonté farouche de contrôler toutes les étapes, tous les maillons de la chaîne, chaque moment d’une chanson.

Le chef d’orchestre… Mister Tom

Il écrira sa vie professionnelle comme une partition, s’arrangeant à mettre ensemble des morceaux avec des instruments différents dont il serait le chef d’orchestre. Mais, ne menait pas son monde avec une baguette rigide. Ses mouvements étaient amples, légers, rassembleurs. Il développait en un mouvement d’ensemble les mots et les gestes qu’il fallait, avec ses ondulations et nuances qui font la maestria des grands chefs d’orchestre de ce monde.

Tom Yom’s, le mari de Dinaly, le frère aimé, et le père vénéré, l’ami de tous les jours et de chaque moment, s’est éteint comme une flamme vacillante sous la brise. Résistant à tant de tornades, il a fini par se tordre de douleur, un soir, une nuit, pour se reposer ce matin de Noël.

Ce 25 décembre sera un jour définitif. Tom quittera les siens après avoir été entouré de leur amour et de leur patience pendant des mois. Emporté par une maladie terrible qui vous ronge le sang et le sommeil. Tom Yom’s a été jusqu’au bout l’homme au sourire doux qui avait dans sa tête des projets pour la musique à n’en plus finir.

Et si l’on doute de son envergure, il suffit de prendre sa vie d’artiste comme elle sera révélée au public.
Passionné par les chanteurs avec des voix aux modulations sensuelles, il va cultiver la sienne en lui donnant des contours jazz et des chaloupés makossa. Haut perché, entre l’alto et le médium, son chant porte déjà le sceau d’une nouvelle époque. Il apporte aux sons camerounais le rythme cadencé de la contemporanéité. Il s’affilie aux rangs de ceux qui suivent Eboa Lotin, chant après chant parce que, assure-t-il, ce poète bantou avait le sens de la mélodie comme personne.

L’Américain de Dibombari

C’est fort de cette démarche que l’on découvre un soir, au Quartier Latin, un cabaret qui faisait fureur dans les années 85-86, à Bali, un quartier de Douala, le chant de cet “ Américain de Dibombari ”.
Il chante en anglais sans faire des onomatopées en articulant chaque mot. Il a le groove de Fela avec le beat de Wilson Picket. Il met une cadence à l’esewè et choisit d’en finir avec les look bon chic bon genre des chanteurs makossa. Sa carrière de chanteur, il la mènera plutôt rondement, jusqu’à sa dernière réalisation. Qui ne se souvient de ”Pona pona”, de ”Djamaa Nylon”, de sa réinterprétation de ”Vanité” ou même de son magistral instrumental ”Esubaka” ? Ce sont les années 96. Il écrit des musiques de film, peaufine des projets artistiques et s’inscrit d’ores et déjà dans la durée. Pour faire vivre la musique camerounaise, il faut la prendre par tous les bouts en enchaînant chaque maillon à l’autre. Et pour donner du punch aux rythmes de chez nous, il faut rendre hommage et célébrer les artistes. Mais, il faut aussi créer l’évènement autour et par la musique, en faisant découvrir les sons du Cameroun, révéler la face cachée des talents d’un artiste que l’on croit connaître. Il affirme que la musique a besoin d’un panthéon de médias, d’événements et d’acteurs conscients, responsables, qui ne sont pas mendiants. L’artiste doit être un entrepreneur engagé dans la dynamique sociale et économique de son temps. Il est producteur de nouvelles valeurs, d’actions structurantes et fédératrices.

Leur plus belle histoire d’amour

Sa rencontre avec Dinaly, son épouse, sera déterminante : tous les deux sont des fonceurs, travailleurs acharnés et passionnés. Il est normal qu’ils s’engagent dans une entreprise esthétique, artistique et culturelle. C’est ainsi que naît, à Douala, la Real Time Music. Un ton léger, la voix de Joyce, de la musique pleine les oreilles et le public de Douala est conquis par les nouvelles, ces King for toly, faits divers de la cité qui vont remettre en selle une certaine conception de l’information de proximité. La Real Time Music s’avère être une institution socialisante, structurant une vie urbaine qui n’en finit pas de lasser les citadins. La radio rompt leur isolement. Elle devient un liant, un lien social.

Désormais, la musique a sa Radio et, plus tard, sa télé ! Mais avant cela, Tom Yom’s et sa femme initient le fabuleux hommage à Eboa Lotin, décidant de faire de cet évènement un marqueur de l’identité camerounaise.
Les oeuvres du poète bantou doivent rester à la prospérité pour faire école. Elles doivent être valorisées, expliquées. Il faut des monuments, des bibliothèques, de la documentation pour rendre compte de la richesse de cette musique. L’histoire de la musique camerounaise a enfin un chemin par lequel s’insinuer dans la mémoire collective. Les deux seules éditions, magnifiques (octobre 1998, octobre 2004) prouveront que l’homme avait de l’intuition.

Le rebelle

C’est ce même allant, cette même capacité d’anticipation qui les conduisent, lui et elle, un couple uni, à proclamer le 15 décembre fête de la musique et de lancer les Jcm : trois lettres, comme trois notes, pour faire danser la musique : c’est en décembre l’été camerounais.
Les événements qui ont jalonné sa vie d’artiste ont façonné sa vie d’homme avec un leitmotiv : surprendre, donner et partager ; devancer, anticiper et fédérer. C’est ce qu’il fait avec son équipe de RTM EVENT. C’est ce qui cimente la plate-forme des Journées camerounaises de la musique.
Tom Yom’s aimait dire qu’il était un rebelle, un militant, un révolutionnaire. Qui pourrait en douter ? Ses actes parlent pour lui ! Avec ses ruptures incessantes avec l’ordre dominant, malgré sa croyance en Dieu et à d’autres valeurs, c’est sur une posture de rébellion, une rupture épistémologique (quel sens cela a-t-il de fêter la musique en juin, sous la pluie ?) qu’il décide de créer les Journées camerounaises de la musique.

C’était en décembre 2006 : la première édition. L’été camerounais fit la Fête aux sons de chez nous, au stade Mbappé Leppé, vibrant de 20.000 jeunesses. Dans le cadre de la célébration des 50 ans de la musique camerounaise. Un demi-siècle. C’est le temps qu’il lui a fallu pour vivre et livrer à l’humanité des oeuvres que l’on ne saurait plus abandonner. Cette force, cette ingéniosité sont désormais l’héritage culturel, partie de notre patrimoine.
Continuer ses oeuvres reste la seule manière d’affirmer avec Birago Diop “ Non, les morts ne sont pas morts Ils sont dans l’air que l’on respire, le vent qui souffle, la brise qui murmure et les pas que l’on pose, ils sont ici, là et maintenant, dans les œuvres qu’ils nous laissent à jamais ”. C’était un prince de Dibombari. Salut l’artiste !

Suzanne KALA-LOBÈ

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Les toutes dernières Journées camerounaises de la musique (Jcm) se sont tenues sans lui. Mais l’ombre de leur initiateur planait bien sur la manifestation, entre spectacles et tables rondes, à la mi-décembre à Douala. Tout le monde savait Tom Yom’s souffrant, loin de Dibombari. Et la nouvelle est tombée hier. Le chanteur est décédé à Paris mardi des suites de maladie. Un acteur principal de la chanson camerounaise contemporaine s’est donc éteint.

C’est au milieu des années 80 que Tom Yom’s apparaît sur la scène. A l’époque, on le voit dans quelques clips à la toute jeune télévision nationale dans un style de musique et un look très américains. C’est que plusieurs années plus tôt, le bonhomme, né en 1957, est parti à l’aventure au Nigeria. En même temps qu’un certain Lapiro de Mbanga. Tom y a roulé sa bosse et croit forcément au métissage culturel. C’est de là que lui vient d’ailleurs le surnom « l’Américain de Dibombari ». Mais ce style-là n’accroche pas tant que cela, le public camerounais et Tom Yom’s se réconcilient pour ainsi dire avec les racines lorsqu’il met sur le marché « Ponda Ponda ». Le succès est au rendez-vous et l’artiste compte désormais.

Proche du regretté Eboa Lottin, il reprend déjà les titres du chansonnier et lui rendra même hommage, chaque année, après sa disparition. S’il aligne quelques albums de sa création, Tom Yom’s s’illustre également avec quatre albums dits « Age d’or » dans lesquels, avec des arrangements dans l’air du temps, il remet de vieux succès du makossa et de la chanson nationale au goût du jour. Très ouvert, il travaille avec les Bébé Manga, Tchana Pierre, Charlotte Mbango, favorise l’émergence d’une dynamique hip hop et épouse d’ailleurs une chanteuse, Dinaly. Celle avec laquelle il crée, le 31 décembre 2001, la Real Time Music (Rtm) et les Journées camerounaises de la musique dont la deuxième édition s’est tenue à Douala récemment.


Stéphane TCHAKAM


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Tom Yom´s is died

L’artiste et manager culturel est décédé le mardi 25 décembre 2007 aux alentours de 7 heures du matin, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris, des suites d’une leucémie. Une nouvelle qui plonge sa famille, les artistes, ses collaborateurs et ses nombreuses relations dans la consternation.

Interné dès le mois d’Août à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière où on lui a diagnostiqué un cancer du sang (leucémie), Tom Yom’s se battait depuis contre la mort. A un certain moment l’on a craint le pire ; deux fois, des rumeurs l’ont donné pour mort, et il a fallu qu’il lève le voile sur son état en deux interviews retentissantes afin de convaincre les plus sceptiques.

L’entrain et l’ambiance à la radio RTM, radio dont il fut le promoteur, et le succès de la 2éme édition des Journées Camerounaises de la Musique (J.C.M) malgré l’absence du père initiateur, semblaient augurer le meilleur : un prompt retour de l’artiste (on parlait même de Février 2008).
Tout a basculé jeudi. L’artiste est rentré à l’hôpital pour subir la 3ème et ultime chimiothérapie de son traitement, celle qui devait éradiquer les 10% de cellules cancérigènes qu’il portait encore. Hélas, c’est celle-là qui lui aura été fatale.

« Papa nous a tous bluffé ». C’est sur ces mots que le matin de la Noël, Dinaly son épouse (qui perd ainsi son second époux après deux ans exactement de mariage) annonce la triste nouvelle aux proches de Douala dans l’expectative.

Tom Yom’s s’en est allé, laissant pour la postérité une discographie à la richesse incalculable et de nombreux projets, portés par une vision et une philosophie altruistes. Celles d’un artiste qui aimait ses pairs, souffrait de leur misère, un artiste qui aimait la musique de son pays, était à l’avant-garde de tous les combats pour valoriser le statut de l’artiste camerounais et sa musique. Salut l’artiste !


 

Source: Dikalo la Mboa Sawa | Hits: 17956 | Envoyer à des amis  ! | Imprimer ! | Réagir(0)

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