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23.10.2005

DAVUM Bar: Le berceau des Black Styl’s 

Davum Bar : Le berceau des Black Styl’s

C’est dans ce dancing célèbre à une certaine époque qu’est né le groupe mythique de Makossa.

Le bar renvoie à plusieurs choses à la fois, selon le dictionnaire : une variété de poisson très consommée au Cameroun, l’unité de mesure de la pression, une petite cordonnerie qui exécute rapidement les réparations, un meuble ou l’on range les verres et les alcools, un débit de boissons dont une partie est aménagée pour consommer debout ou assis sur des tabourets hauts devant un comptoir… C’est à cette dernière catégorie de bar que Mutations s’intéresse dans la série des reportages qu’il diffuse dès ce jour.

Pourquoi une série sur les bars ? Parce que c’est l’un des espaces de socialisation qui reste si cher à la plupart de Camerounais. A voir le nombre qui se créent tous les jours dans tous les quartiers, les villages et les villes du pays, et la diversité des personnes qui les fréquentent, difficile de rester indifférent. Ce ne sont pourtant pas les bars d’aujourd’hui que Mutations a décidé de visiter. Notre série porte sur les bars célèbres d’hier, mais aussi d’aujourd’hui. Ceux qui ont marqué ou qui marquent une époque, une ville, une génération… A côté de Mont Cameroun Bar, Mango Bar et autre Davum Bar, il y aura… Elise Bar. Une série de petites histoires nostalgiques avec de forts relents de musiques... et d’alcool.

François Nkotti s’en souvient comme si c’était hier: «C’est à Davum bar que le Black Styl’s est né. A l’époque, il y avait déjà Nelle Eyoum et les Négro Styl. Et moi, je jouais dans un groupe: les Fantastic Boys de Augustin Nkotti, à qui j’avais déjà proposé la dénomination de Black Styl’s. Quand plus tard, il a fallu mettre sur pied un groupe, j’ai pensé que les Black Styl’s représentaient mieux l’idée de notre ensemble. Et c’est le Cercle Davum qui nous a ouvert ses portes. Nous y avons tenu les premières réunions et joué les premières notes». Ce bar était situé aux environs de la Polyclinique d’Akwa, non loin du Cetic d’Akwa, en face de l’une des entrées de l’hôpital Laquintinie de Douala. Rien ne renvoie plus, là-bas, à ce lieu de rencontre si célèbre à l’époque.

Le Davum bar, qui connaît son apogée au début des années 70, est mis sur pied au début de l’année 1965, en référence à l’entreprise Davum, une petite unité de transformation implantée dans la zone de Bonakouamouang (Akwa) à cette époque-là. «Davum bar, c’était exactement au niveau du garage que vous voyez à côté de Volkswagen là», tente de situer Etienne Ebongue, un notable du canton Akwa, en montrant du doigt. Et d’ajouter: «Il faut retenir que tout cet arrière de l’hôpital Laquintinie correspond au Cercle Davum de l’époque». Si le Cercle, le Club et le Davum bar se confondent, ils ne renvoient forcément pas à la même chose. «Le Cercle Davum de la jeunesse d’Akwa était une association qui se réunissait au Davum bar. Elle animait le quartier et particulièrement ce débit de boissons qui a, en partie bâti sa réputation. Dans le même temps, il y avait le Club Davum, un orchestre qui, au départ, animait Davum bar. Avec le temps, toutes les trois entités dans la tête des gens sont devenues la même chose du fait de la réputation du bar», indique M. Ebongue.

Après avoir séjourné aux Fantastic Boys de Augustin Nkotti et chanté avec le Negro Styl de Nelle Eyoum, François Nkotti met sur pied les Black Styl’s. De l’avis de nombreux noceurs des année 70, ce groupe a écrit les plus belles pages du bar qui verra tour à tour passer Los Calvinos, les Claquettes et bien entendu, les Black Styl’s. Les amours entre le Davum bar et cet orchestre débutent en 1972. Félix Toto Ekanè, alors gérant de Davum bar, ouvre ses portes à François Nkotti, qui y tient des séances de répétitions et réunions préparatoires au lancement de son groupe. «C’est d’ailleurs ici qu’il remarquera plus tard un jeune guitariste nommé Jean Mouellé. Le jeune homme maîtrisait la rythmique et semblait déjà avoir une oreille musicale. C’est Jean Mouellé qui amènera l’autre grand guitariste du futur groupe, le soliste Toto Guillaume, alors élève au Collège de la Salle», se souvient Joachim Ndouga, un mécanicien et ancien client du Davum bar. Avec Toto, Antoine Essombè Enyawé (le batteur des Black Styl’s à la naissance du groupe), Emile Kangué et Eboumbou, «le bar attire des foules. Les gens partent de Bali, Bonabéri, Deïdo, et Akwa pour venir s’éclater à Davum», relate François Nkotti.

Concurrence
Alors que la première équipe du groupe est peaufinée au gré des circonstances, et que les membres ont décidé de jouer du Makossa résolument, Pierre Lenoir (surnom d’un Camerounais), alors guitariste et propriétaire des instruments de Davum bar, rompt son contrat parce qu’il n’a pas pu s’imposer dans le nouveau groupe formé par Nkotti François. C’est alors que Willy Saxe, un autre promoteur, met du matériel flambant neuf à la disposition de Davum bar. A la même époque, une autre groupe, avec à sa tête un certain François Misse Ngoh, émerge dans la ville et tient à se produire au Davum bar. Mis à rude épreuve, les Black Styl’s perdent le contrat avec le débit de boissons au profit de Los Calvinos, du nom du groupe concurrent désormais sous contrat avec le promoteur de Davum bar. En plus de Davum bar, Douala compte une dizaine d’autres lieux de rencontre pour les couche-tard. Après leur départ de Davum bar, les Black Styl’s s’établissent à l’autre rive du Wouri. Mais, c’est un exil de courte durée.

Le succès populaire de Oryx Bar, nom qui se rapporte à Oryx de Douala (l’une des équipes phares de football du pays) ramène les Black Styl’s à Davum qui a, entre temps, perdu un peu de sa clientèle. Or, c’est à cette période que Toto Guillaume envoie une lettre à Sono disque France pour solliciter un enregistrement d’au moins 8 titres. Le «45 tours» qui en sort avec «Françoise», une composition de Toto Guillaume et «Ndutu» de Nkotti François fait un tabac en cette fin d´année 1973. Moins d’un an plus tard, en début d’année 1974, le groupe fait la connaissance d’un nouveau producteur, Mathias Ndjoga qui lui donne une autre dimension en lui offrant de se produire dans la salle du cinéma le Capitole à Yaoundé. C’est un coup dur pour Davum Bar.
Les Black Styl’s n’entendent plus se produire au Davum bar qui perd en taux de fréquentation. D’autant plus que les Black Styl’s jouent désormais au Mont Cameroun bar de Bali, à un jet de pierre d’Akwa. «Nous ne pouvions plus revenir à Davum bar. Non pas par orgueil, mais simplement parce que le niveau de sollicitation était énorme. De plus, rien ne dépendait plus de nous. Avoir bénéficié de cet espace pour tenir réunions et répétitions, nous rendait un peu coupables. Mais nous étions déjà dans les affaires et le milieu artistique qui a ses contraintes. Dès le 20 septembre 1978, Moni Muller, Jery Manga, Albert Eboulé, Félix Priso, Marga Owona, Yves Lobé, François Nkotti et moi-même étions en route pour Paris. C’était à l’occasion de l’enregistrent de notre premier «33 tours» au studio Harisson à Pantin», explique Emile Kangue.

Déchéance
La dislocation progressive des Black Styl’s complique davantage les affaires de Davum Bar. C’est Emile Kangue, décidé à évoluer en solo, qui, le premier, signe un contrat avec le Mt Manengouba bar (à l’époque au niveau de Mobil Bonakouamouang) à moins d’un kilomètre de Davum bar. Dans ses valises, il range au moment de partir, Monny Muller. Ses prestations contribuent à vider un peu plus la clientèle de Davum Bar. Entre temps, les Black Styl’s, Los Calvinos, les Negros Styl’s et les Fantastic Boys occupent et alternent entre Mont Cameroun bar, la Joie d’été, Oryx bar et le Mermose au détriment de Davum. «Davum en a souffert du fait de la réputation des autres. Et puis tout est signe des temps. Le succès se trouvait ailleurs, il n’était de ce fait pas question de rester fidèle à un bar tout simplement parce qu’on l’aime ou qu’on habite le coin. La vie des débits de boissons célèbres de l’époque dépendait bien de la qualité des artistes qui y jouaient. On voulait savoir si c’est le Negro Styl, Los Calvinos ou les Black Styl’s. A côté des groupes, il y avait une bande de jeunes très talentueux qui arrivait dans la chanson», explique François Misse Ngoh.

Le Davum bar perd de sa superbe. L’entreprise qui lui a donné son nom ferme et prolonge sa lente agonie. Plus de concert, plus d’orchestre, plus d’animation! Le Cercle Davum, constitué de la jeunesse du quartier, s’essouffle à son tour. Ses rencontres deviennent rares. Le Club ferme ses portes faute d’orchestre. Le bar résiste et mêle ses activités au restaurant. Jusqu’à la fin de l’année 1979 où l’activité cesse du fait des expropriations. A la place du bar, est aujourd’hui érigé un bâtiment d’un étage inachevé. Dans cette vaste enceinte, se pratique une multitude d’activités allant de la mécanique auto, à la vente des pièces détachées en passant par l’entreposage des matériaux, la casse et les dépannages en tout genre.

Léger Ntiga
Le Quotidien Les Mutations
 

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